Les touristes israéliens ne peuvent plus fouler les plages de sable fin des Maldives. LâÃtat insulaire musulman, connu comme destination balnéaire de luxe, vient dâadopter une loi en solidarité avec le peuple palestinien. Un geste fort mais dont la portée sera cependant surtout symbolique.
Dès juin 2024, peu après lâélection de Mohamed Muizzu, le gouvernement avait annoncé vouloir fermer lâarchipel aux citoyens israéliens. Le nombre de touristes israéliens a donc déjà drastiquement chuté, avec seulement 1 400 touristes en 2024 contre 11 000 lâannée précédente. Pendant que la loi faisait son chemin au Parlement, de nombreuses manifestations pro-palestiniennes ont eu lieu dans la capitale Malé, boudée des touristes, mais où se concentrent les 525 000 habitants des Maldives, à 99 % musulmans.
Ce mardi, la loi est finalement entrée en application pour dénoncer « les atrocités et actes de génocide commis par Israël contre le peuple palestinien ». Elle doit rester en vigueur jusqu’à ce qu’Israël mette fin à ses opérations militaires contre Gaza. Israël nâa jamais été reconnu par les Maldives, mais ses touristes étaient tolérés. Les relations entre les deux pays sont désormais totalement rompues.
Les Maldives rejoignent la ligne politique de nombreux autres pays musulmans dâAsie
En effet, la relation d’Israël avec les pays musulmans dâAsie est moins connue et commentée que celle avec ses voisins au Moyen-Orient, mais pas moins compliquée. La plupart nâont aucune relation diplomatique ou consulaire avec Israël et empêchent leurs citoyens de sây rendre et les Israéliens de leur rendre visite. Tous refusent de changer leur position tant que lâoccupation israélienne continue en Palestine. Et lâon parle de pays beaucoup plus peuplés que les Maldives. LâIndonésie, 280 millions dâhabitants, nâa jamais reconnu lâÃtat d’Israël, tout comme le Pakistan, 250 millions dâhabitants, ou le Bangladesh, séparé du Pakistan en 1971, mais qui a continué à appliquer cette politique.
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Une défiance qui sâest renforcée sous lâeffet du conflit à Gaza
Ces dix dernières années, on a pu observer de très discrets signes de rapprochement entre Israël et les pays dâAsie musulmane. La guerre à grande échelle lancée par Israël sur Gaza après les attaques terroristes du 7 octobre y a mis totalement fin. En 2022, les Ãtats-Unis ont discrètement poussé lâIndonésie à envisager une normalisation avec Israël, dans le sillage des accords dâAbraham. Mais le processus a été brutalement suspendu après le bombardement dâun hôpital indonésien à Gaza en octobre 2023. En 2021, le Bangladesh a retiré de ses passeports la mention « sauf Israël », mais le gouvernement de Muhammad Yunus vient de la réintégrer. Dans tous ces pays, les dirigeants ont aussi suivi leurs opinions publiques. On y a observé dâimportantes manifestations de solidarité avec la Palestine et de colère contre Israël.