Le Conseil Français de lâImamat et de la Prédication (COFIP) a publié, jeudi dernier, un rapport â issu de sa 2e réunion nationale â sur la question des cimetières musulmans en France. Le manque de carrés musulmans est devenu une préoccupation majeure pour la communauté musulmane. Face à cette situation, le COFIP propose quelques solutions. Zoom.
« Le manque de carrés musulmans dans les cimetières est une réalité et une préoccupation des musulmans de France ». Câest pour répondre à cette problématique nationale que le COFIP a mis en ligne, jeudi 13 février, un rapport intitulé « Enjeux des cimetières musulmans en France ». Le rapport est une « synthèse des échanges au sein du Cofip » lors de la 2e la réunion nationale des imams et Murshidâtes.
Le manque de carrés musulmans en France
Face au manque de place dans les carrés musulmans et aux codifications rituelles de lâIslam à cet effet, le Cofip propose, dans son rapport, quelques pistes de solutions « conformes à lâesprit et à la lettre du Coran et de la Sunna, suivant lâinterprétation des savants qualifiés mais aussi au regard de notre contexte ».
« Le manque de carrés musulmans dans les cimetières est une réalité et une préoccupation des musulmans de France. De nombreuses familles sont contraintes à des choix douloureux et difficiles, alors quâelles sont, en même temps, confrontées à la perte dâun être cher. »
Le Cofip rappelle, en amont, que sur la base dâune interprétation ouverte du principe de laïcité, les pouvoirs publics « ont permis de regrouper, au sein des cimetières communaux, les sépultures musulmanes dans un même emplacement désigné sous lâappellation de « carré musulman ».

Cimetières dédiés et concession à perpétuité
A ce jour, en plus de quelques carrés, seuls deux cimetières musulmans ont vu jour : le Cimetière de Bobigny créé en 1934 par décret ministériel et le cimetière musulman de Strasbourg en février 2012. Un nombre encore bien trop insuffisant.
« Ãtant donné lâévolution démographique, force est de constater quâil nây a pas assez de places, un certain nombre de personnes ne peuvent pas être enterrées dans les carrés musulmans près de chez eux, et en même temps certains ne peuvent pas se faire rapatrier faute de moyen. »
Face à ces deux situations, le Cofip recommande un fonds solidaire pour ces personnes pour respecter leur dignité et leur dernière volonté. De même alors que le rite musulman prévoit une concession à perpétuité, « de très nombreuses villes françaises à arrêter de proposer ce type de concessions ».
Deux solutions sont préconisées : « enterrer plusieurs personnes dans une même tombe » sous certaines conditions et « prendre des concessions avec une durée de vie entre 15 ans et 99 ans dans certaines régions ».

La question de lâincinération
Le rapport aborde également la question de lâincinération et rappelle que lâincinération nâest pas autorisée en Islam. Un sujet qui peut-être parfois source de tension au sein de famille mixte composée de musulmans et de catholiques (ces derniers autorisant lâincinération).
Pour le Cofip, lâune des solutions, pour éviter cette problématique, est la rédaction dâun testament « qui consigne la volonté dâêtre enterré suivant le rite musulman ».
« Les familles françaises de confession musulmane aspirent à un traitement digne de leur défunt. Comme dâailleurs leurs concitoyens de confession juive et chrétienne dans notre pays. »
Rappel des rites
En conclusion, le rapport rappelle et préconise une série de mesure, en accord avec le rite musulman, comme la recommandation dâenterrer rapidement la personne dans lâendroit où elle est morte ainsi que lâorientation du défunt en direction de la Qibla.
« La recherche dâautres solutions passera sans doute par un dialogue continu entre les responsables du culte musulman et les pouvoirs publics dans le respect des prérogatives et des missions de chacun », souligne toutefois le Conseil Français de lâImamat et de la Prédication.