La projection du documentaire « Dieu peut se défendre tout seul », de la réalisatrice Isabelle Cottenceau a été annulée en dernière minute. Organisée par le cinéma Commune Image, la soirée devait se tenir ce mercredi soir à Saint-Ouen. On vous explique cette polémique.
L’annulation de la projection du film « Dieu peut se défendre tout seul » par la salle Commune Image de Saint-Ouen crée des remous depuis quelques jours. Sur X, le mouvement politique Printemps Républicain, un des organisateurs de l’évènement, exprime son mécontentement d’un laconique « 10 ans après l’horreur, l’abdication. »
Le film-documentaire est inspiré du livre « Le droit d’emmerder Dieu » de Richard Maika, avocat de Charlie Hebdo. Le livre et le film dévoilent les circonstances et le contenu de sa plaidoirie durant le procès des attentats qui s’est tenu entre septembre et décembre 2020.
Le Printemps Républicain estime que l’annulation a été annoncée trop tard, à savoir quatre jours avant la projection prévue ce mercredi soir à 19 heures dans la salle Commune Image à Saint-Ouen. Le mouvement estime que cette décision est l’expression d’un « profond mépris pour le public » et les organisateurs.
De son côté, la LICRA qui fait aussi partie des organisateurs dénonce « une tendance inquiétante à censurer les messages universalistes et républicains. »
D’après le communiqué de presse du Printemps Républicain, la direction de la salle aurait indiqué aux organisateurs que sa « charte d’accueil interdit la tenue de manifestations à caractère politique dans un cadre strictement non partisan » pour justifier l’annulation.
Contacté, le cinéma n’a pas répondu à nos sollicitations.
« Aucune censure n’est pratiquée à Saint-Ouen »
La Ville de Saint-Ouen a elle aussi réagi sur les réseaux sociaux. Elle affirme apprendre « avec étonnement et regret » la décision de Commune Image. Elle rappelle néanmoins que la salle étant privée, « la municipalité n’a pas été informée des raisons de cette annulation et n’en connaît pas les motifs« .
La mairie nous précise qu’elle est prête à accompagner les organisateurs en se rapprochant d’autres salles de cinéma de la ville « pour explorer la faisabilité en fonction de leur programmation et du calendrier des disponibilités« . Elle assure qu »aucune censure n’est pratiqué à Saint-Ouen ».
Cette annulation a également fait réagir la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse.
Elle se dit « scandalisée par la censure du film et se dit prête à le projeter à l’auditorium du Conseil régional, lui aussi situé à Saint-Ouen » à une date choisie par les organisateurs.