
Pour la première fois de son histoire, New York sâest dotée dâun maire musulman. Lâélection de Zohran Mamdani, 34 ans, fils dâimmigrés ougandais dâorigine indienne, marque un tournant politique et symbolique majeur pour la métropole américaine. Mais cette victoire historique sâaccompagne aussi dâune vague dâislamophobie, alimentée par une partie de la droite américaine et relayée jusque dans certains cercles politiques européens.
Né à Kampala, en Ouganda, et arrivé très jeune à New York avec sa famille, Zohran Mamdani a grandi dans le Queens, au cÅur de la diversité new-yorkaise. Avant de briguer la mairie, il sâétait fait connaître comme député progressiste de lâAssemblée de lâÃtat de New York, militant pour les droits des locataires, la justice climatique et la gratuité des transports publics.
Son élection, sur un programme axé sur la justice sociale et la réduction des inégalités, est saluée par de nombreux observateurs comme une victoire symbolique pour les minorités et une reconnaissance de la pluralité religieuse des Ãtats-Unis.
« Câest un moment historique pour New York, une ville bâtie par des migrants, où un fils dâimmigrés musulmans peut désormais diriger la plus grande métropole dâAmérique », a déclaré lâimam Shamsi Ali, figure de lâislam new-yorkais.
Quelques heures à peine après lâannonce de sa victoire, les réseaux sociaux ont été inondés de messages hostiles. Certains internautes et figures politiques conservatrices ont associé sa foi musulmane à une menace supposée contre les valeurs occidentales, à lâimage de Marion Maréchal Le Pen, députée européenne française dâextrême droite et nièce de Marine Le Pen.
« Zohran Mamdani était le candidat soutenu par Rima Hassan, Mélenchon et toute lâextrême gauche réunie. Vingt-quatre ans après le 11 septembre, il vient dâêtre élu maire de New York⦠La métropole américaine pourrait devenir une ZAD pro-Hamas à ciel ouvert. », a-t-elle écrit sur ses réseaux sociaux.
Zohran Mamdani était le candidat soutenu par Rima Hassan, Mélenchon et toute lâextrême gauche réunie.
Vingt-quatre ans après le 11 septembre, il vient dâêtre élu maire de New York avec le même programme de ruine économique que celui de la France insoumise.
La métropole⦠pic.twitter.com/Koq3l2Stwe— Marion Maréchal (@MarionMarechal) November 5, 2025
New-York sâest donnée à un islamiste.
Les New-Yorkais en payeront le prix et personne ne les plaindra. pic.twitter.com/s6tVNGBlpN— Céline Pina (@celine_pina) November 5, 2025
Ce message, largement relayé et dénoncé pour son caractère islamophobe, illustre la dimension transnationale des discours anti-musulmans.
Aux Ãtats-Unis, des animateurs conservateurs ont également insinué que la victoire de Mamdani risquait de transformer New York en « ville sous influence islamiste ».
Interrogé sur ces attaques, le nouveau maire a tenu à rappeler quâil ne faisait pas campagne en tant que « candidat musulman », mais comme « candidat pour tous les New-Yorkais ».
Malgré les attaques, Zohran Mamdani bénéficie dâun fort soutien populaire à New York, notamment parmi les jeunes, les minorités et les classes populaires. Son élection témoigne dâune évolution lente mais réelle de la société américaine vers davantage dâinclusion.
Mais elle révèle aussi les tensions persistantes autour de lâislam et de la représentation politique des minorités.