Victoire pour Palestine Action en France : les « 7 contre Thales » relaxés !

Poursuivis pour avoir dénoncé la complicité de l’entreprise Thales dans le génocide à Gaza, sept militants de Palestine Action ont été relaxés ce mardi.

Victoire pour Palestine Action en France : les « 7 contre Thales » relaxés !

Ce mardi 8 juillet, les sept militants de Palestine Action qui avaient tagué la devanture du site Thales de Gennevilliers ont été relaxés. Pour rappel, ils dénonçaient la production par l’entreprise, détenue à 25% par l’État français, de composants d’armement utilisés par l’armée israélienne. En représailles, Thales, niant toute collaboration avec Israël, les avait poursuivis et réclamait près de 20 000 euros de dédommagement, pour des jets de peinture.

Le 27 mai dernier, au Tribunal judiciaire de Nanterre, de nombreuses personnes étaient venues soutenir les militants, qui ont utilisé leur procès comme une tribune pour dénoncer le génocide du peuple palestinien. Manel, militante, explique que leur défense était basée sur trois notions juridiques : l’état de nécessité (il est légitime de dénoncer un génocide), le principe de fraternité (il est légitime d’aider des êtres humains) et la liberté d’expression. Seule cette dernière notion a été retenue par la juge pour la relaxe : les deux autres ont été éludées car trop politiques. De la même manière, au cours du procès, la procureure avait affirmé que la politique n’avait rien à voir avec l’affaire, que la présidente avait réduit à de simples dégradations matérielles.

Pourtant, les militants auraient tout aussi bien pu ne pas se rendre au procès, et payer l’amende ; mais ils tenaient à porter devant le tribunal une défense politique. Comme l’explique Yassine, militant : « On ne voulait pas que la discussion, ce soit les faits qu’on nous reproche, mais le génocide, la Palestine, Thales. On n’a pas répondu à des questions, on a déclaré des choses, produit beaucoup de documents sur la chronologie du génocide et sur la complicité de la France ». Et cette défense politique a payé, notamment grâce au travail des avocats, Mohamed Jaite et Clara Gandin.

La relaxe des militants de Palestine Action est un signal fort, d’autant plus qu’elle advient quelques jours après que le groupe a été classé comme organisation terroriste au Royaume-Uni. Vingt-neuf manifestants avaient été arrêtés, samedi 5 juillet, pour leur soutien au groupe victime d’une répression massive. Mais la situation outre-Manche ne doit pas nous faire oublier que, malgré cette relaxe, soutenir la Palestine est toujours un crime en France. Mercredi 2 juillet, Renaissance, les Verts, le PS et le RN ont ainsi voté une loi « relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur », en réalité destinée à réprimer les étudiants mobilisés pour la Palestine. La gauche institutionnelle, à l’instar du Parti travailliste au Royaume-Uni, est particulièrement zélée sur ce point : ainsi le PS a-t-il arraché un drapeau palestinien des mains de jeunes mariés, ou poursuivi un militant d’Urgence Palestine à Montpellier. Heureusement, ce dernier avait été relaxé.

Cette victoire, tout comme la relaxe d’Hicham et Mayes en janvier dernier, ou celle des « 7 contre Thales », est « une victoire pour la possibilité de continuer les actions » en soutien au peuple palestinien. Comme l’explique Yassine, la priorité reste la poursuite de la mobilisation : « la lutte contre la répression n’est pas une fin en soi ». Elle est cependant nécessaire pour « donner du courage » et « faire en sorte que des gens ordinaires, qui n’ont pas ou peu d’expérience politique, puissent s’organiser ».

C’est justement grâce aux mobilisations, chaque fois importantes, en soutien aux militants, elles-mêmes indissociables des mobilisations internationales en soutien au peuple palestinien, que ces relaxes ont été obtenues. Bien d’autres militants sont encore poursuivis, depuis le syndicaliste CGT Jean-Paul Delescaut jusqu’à la députée LFI Rima Hassan, en passant par le porte-parole de Révolution permanenteAnasse Kazib, poursuivi pour « apologie du terrorisme » et dont le procès, qui devait se tenir le 18 juin 2025, a été reporté au 26 juin 2026.

Ainsi, pour que la relaxe ne soit pas l’exception mais la règle, il est essentiel de continuer à organiser les travailleurs, la jeunesse et les classes populaires, pour dénoncer la criminalisation du soutien à la Palestine, en France comme dans le monde entier, et la complicité des entreprises et des États impérialistes avec le génocide perpétré par Israël.