TENSIONS. Appels à la prière, stationnements sauvages, intimidations et actes de vandalisme… Les habitants du quartier de la Grande Mosquée de Paris s’inquiètent. De son côté, le recteur se défend.

Entre la place Monge et la rue Mouffetard, la Grande Mosquée de Paris se dresse au cœur du 5e arrondissement de la capitale depuis son inauguration, en 1926. Le vendredi, à la mi-journée, les fidèles se pressent au son, discret mais présent, de l’appel à la prière. La police ferme alors la circulation et encadre les environs dans lesquels se trouve notamment le square Robert-Montagne. Mais depuis quelques années, certains voisins regrettent que leur quartier ne soit plus aussi paisible qu’autrefois : nuisances sonores, va-et-vient de fidèles et de voitures, et même des intimidations…
Ablutions dans le square
C’est pourquoi le Comité du square Robert-Montagne s’est créé. Cette assemblée de voisins, composée de 70 à 80 riverains, dénonçait déjà il y a cinq ans des nuisances sonores liées à l’appel à la prière du vendredi ou des grandes fêtes. « On l’entendait assez loin, de la rue Buffon à la rue Monge », explique Brigitte, 63 ans. La forte affluence génère aussi du bruit, tôt le matin ou tard le soir. Le flux des voitures est de plus en plus important… Peut-on le reprocher à qui que ce soit ? « On a maintenant des voitures, notamment des taxis, qui se garent n’importe où ! » réagit Pierre, habitant du quartier depuis vingt-deux ans.
Nuisances sonores et incivilités liées à l’activité de la mosquée ( Compte-rendu d’une réunion en Février 2024 )
» Brigitte PERESSINI rappelle que le comité du square Robert Montagne a été créé il y a 5 ans pour représenter les riverains concernés par cette question. Elle expose les derniers éléments du sujet. Elle fait état de la réception d’un courrier de la Maire avisant les riverains qu’à sa demande le Recteur de la mosquée avait coupé la sonorisation dans les jardins de la mosquée depuis le 19 janvier. Le courrier est perçu comme flou par les riverains, qui ne comprennent pas pourquoi ils n’ont pas reçu les résultats des mesures sonores réalisées malgré l’engagement de la mosquée à les communiquer.
Ils sont très inquiets de l’éventuelle résurgence des nuisances sonores à l’approche du Ramadan. Benjamin ISARE présente l’arrêt de la sonorisation dans les jardins de la Mosquée comme une solution transitoire, le temps qu’une solution technique pérenne soit trouvée par la mosquée via l’appui d’un acousticien, pour empêcher que le son ne diffuse à l’extérieur de l’enceinte de la mosquée. Benjamin ISARE précise que le sujet est remonté au cabinet du Préfet et que la Maire est en contact régulier avec lui. Il rappelle la fin de la vente d’alcool après 21h dans la supérette Larrey Marché Il indique que le passage régulier de la police municipale tous les soirs à différentes heures n’a pas constaté d’infractions caractérisées.
Anne Biraben rappelle que la cohabitation a été pacifique pendant un siècle mais qu’en effet un changement a pu être observé et qu’il faut pouvoir y mettre fin sans escalade. Dans cette perspective, un dialogue permanent avec la Préfecture de police est nécessaire. »