Seize militants dâultra-droite, membres du groupe « Action des forces opérationnelles » (AFO), comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir planifié des actions violentes contre les musulmans.
Le procès de 16 militants dâun groupe dâultradroite, « Action des forces opérationnelles » (AFO), soupçonnés dâavoir planifié des actions violentes visant les musulmans de France, sâouvre aujourdâhui devant le tribunal correctionnel de Paris.
Ils sont en apparence monsieur et madame Tout-le-Monde : ingénieur, comptable à la retraite, infirmière et même diplomate. Treize hommes et trois femmes se définissant comme patriotes et partageant un attrait pour lâarmée.
« Rétablir pour nos enfants et nos petits-enfants lâhéritage bâti par nos ancêtres. »
Tous ont rejoint entre 2017 et 2018 le groupe AFO, une organisation « hiérarchisée et structurée » planifiant des « actions violentes concrètes dans des lieux symboliques » de lâislam, selon lâordonnance des juges dâinstruction.
Lâenquête a révélé que lâobjectif revendiqué de AFO était de « faire prendre conscience [â¦] du risque de pénétration islamiste », dans le but de « rétablir pour nos enfants et nos petits-enfants lâhéritage bâti par nos ancêtres ».
Le groupe avait imaginé une « opération halal » prévoyant de dissimuler les femmes dâAFO sous des niqabs pour empoisonner de la nourriture dans les rayons halal de supermarchés avec du cyanure ou de la mort-aux-rats. Lâobjectif final nâétait pas de tuer, mais dâintoxiquer les acheteurs « pour discréditer la nourriture halal ».
Pour marquer les esprits et terroriser les musulmans, AFO imaginait aussi tuer « 200 imams radicalisés » et faire exploser la porte dâune mosquée de Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine. Les 16 personnes, qui comparaîtront libres, sont considérées comme les plus radicales et les plus impliquées. Elles sont soupçonnées dâassociation de malfaiteurs terroriste et de recherches dâarmes, avec des implications diverses.
Qui sont ces « patriotes » ?
Guy S., nom de code « Richelieu », retraité de la police nationale, a été identifié par les enquêteurs comme étant à lâorigine de la formation dâAFO. Sa compagne, Marie-Véronique R., était elle chargée dâanimer le blog « Réveil patriote », organe prosélyte du groupe.
« Notre client conteste fermement avoir nourri un quelconque projet dâaction violente, ainsi que plus généralement les faits de terrorisme qui lui sont reprochés », affirment leurs avocates, Lucile Collot et Olivia Ronen.
Autre prévenu dans cette affaire, Philippe C., 61 ans aujourdâhui, téléopérateur de nuit auprès dâune société de taxis, fan de tir et de survivalisme. Philippe se décrit comme un « patriote », selon ses propres mots aux enquêteurs, « prêt à prendre les armes pour son pays menacé », « convaincu quâune guerre civile allait arriver ».
Des armes à feu et des milliers de munitions avaient été trouvées lors de perquisitions, y compris des éléments entrant dans la fabrication dâexplosifs de type TATP. Le procès doit durer jusquâau 27 juin.