Le Parti socialiste a publié une contribution ultra droitière appelant à réconcilier socialisme et sionisme. Si Olivier Faure a tenté de désamorcer la polémique, elle sâinscrit pourtant dans lâalignement systématique du PS sur les intérêts de lâimpérialisme français et donc sur ceux de son allié israélien.
« Le Parti socialiste a défendu le sionisme avant même de prendre le nom quâil porte aujourdâhui. ». Ce sont les premiers mots de la contribution honteuse déposée pour le 81e congrès du Parti socialiste et qui nâa pas manqué de faire réagir ce lundi 5 mai. Ses auteurs appellent à la création dâun « Cercle socialiste des ami·e·s dâIsraël » afin « dâoffrir un espace aux ami·e·s dâIsraël » mais également de « réconcilier socialisme et sionisme ».
Le texte, qui a depuis été retiré du site du Parti socialiste, déploie un discours ultra adapté à la rhétorique du régime israélien et minimise complètement son caractère colonial ainsi que le génocide quâil mène à Gaza. En outre, les militants socialistes revendiquent sans honte « les mesures absolument uniques quâIsraël met en place pour limiter les pertes civiles et alléger la souffrance des populations. Israël utilise des bombes ultra-précises capables de frapper un seul étage, émet des avertissements avant certaines attaques et permet aux civils dâévacuer les zones de combat », alors que des dizaines de milliers de personnes ont déjà perdu la vie et que même les institutions bourgeoises les plus modérées, comme lâONU, reconnaissent le caractère génocidaire de la guerre quâIsraël mène contre le peuple gazaoui.
Pire encore, le texte justifie la politique sanguinaire de Netanyahou en déclarant que « malgré des précautions quâaucune autre armée au monde ne prend, une guerre reste une horreur pour la population civile, surtout contre une organisation terroriste comme le Hamas qui utilise les civils comme un bouclier. ». La proposition vise à délimiter le Parti socialiste de la gauche critique de lâEtat dâIsraël, lâaccusant au passage implicitement dâantisémitisme, tout en défendant une orientation calquée sur la politique très droitière du Parti travailliste britannique dans le but de remporter les élections, prenant pour exemple le cercle qui y opère sous le nom « Labour Friends of Israel ».
Face aux nombreuses dénonciations qui nâont pas tardé à pleuvoir, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a tenté de minimiser lâampleur de la contribution, en expliquant quâelle nâengageait que ses auteurs et quâil ne sâagissait que dâune contribution sur plus de 350. Il a par ailleurs déclaré que « Ce qui se passe à Gaza, ce qui va se passer à Gaza devrait juste tordre les boyaux de tous les humanistes ». Mais si Olivier Faure a beau clamer quâil défend la Palestine, la politique de son parti sur la question israélo-palestinienne démontre le contraire.
Déjà sous la présidence de François Hollande, après avoir refusé de reconnaître lâEtat palestinien, le PS avait fait preuve dâun alignement inconditionnel avec Israël lors des offensives contre Gaza en 2014 allant jusquâà interdire et réprimer les manifestations de solidarité avec les Gazaouis. Plus récemment, des figures comme Jérôme Guedj ou Benoît Payan continuent dâincarner une orientation similaire. Lâexemple de Marseille, où la mairie PS a suspendu son aide à lâUNRWA en 2024 en pleine catastrophe humanitaire, illustre cette dynamique. Loin dâêtre une anomalie, ce geste reflète une stratégie politique dâalignement sur lâÃtat colonial israélien, au mépris des droits les plus élémentaires du peuple palestinien.
Ce double discours, avec un humanisme de façade et un soutien de fait à lâoppression des Palestiniens, révèle le véritable rôle du PS, celui dâun parti bourgeois adapté aux intérêts impérialistes. Une autre raison de continuer à détester le parti socialiste.
