Face à la montée inquiétante des actes et discours islamophobes dans notre pays, l’Union syndicale Solidaires appelle à une large mobilisation le samedi 11 mai.
LâUnion Syndicale exprime son horreur face au meurtre odieux de Aboubakar Cissé survenu dans une mosquée du Gard alors qu’il accomplissait sa prière. Cet attentat islamophobe nous rappelle la gravité de la situation et l’urgence d’agir.
Cet acte s’inscrit dans un climat politique délétère, où la parole islamophobe s’est dangereusement banalisée. Lâextrême droite stigmatise les musulman·es en instrumentalisant la laïcité et en entretenant la confusion entre musulman-es et extrémistes.
Cette rhétorique ne se limite plus à l’extrême droite, comme en témoignent les déclarations de membres du gouvernement, comme Manuel Valls ou Retailleau, ou de membres de partis de droite, qui, par leurs prises de position agressives sur le voile, leurs déclarations sur l’islam, contribuent continuellement à diffuser un discours islamophobe dans lâensemble de la société, jusquâau plus haut niveau de lâÃtat.
Solidaires dénonce également le rôle joué par certains grands groupes médiatiques, dans la propagation de discours islamophobes. Ces médias, sous couvert de débats d’opinion, participent activement à la stigmatisation des musulman·es et à la banalisation de propos haineux qui n’auraient jamais dû trouver place dans l’espace public. La presse du groupe Bolloré, en particulier, s’est illustrée ces dernières années par la multiplication de contenus et d’émissions où l’islamophobie est devenue un fonds de commerce, une ligne éditoriale assumée qui contribue directement à la détérioration du climat social et à la montée des tensions communautaires.
LâUnion syndicale Solidaires ne peut accepter cette rhétorique qui divise et qui désigne une partie de notre population comme bouc émissaire des maux de notre société.
L’islamophobie n’est pas une opinion mais un racisme qui s’attaque directement à la dignité humaine. Elle se manifeste par des discriminations systémiques dans l’accès à l’emploi, au logement, aux services publics. Elle peut conduire jusquâau meurtre.
LâUnion syndicale Solidaires appelle l’ensemble de nos structures, nos adhérent·es et plus largement toutes celles et ceux attaché·es aux valeurs de justice sociale et d’égalité à se joindre aux cortèges qui se tiendront dans différentes villes de France le 11 mai pour dénoncer l’islamophobie et exiger justice pour Aboubakar Cissé et toutes les victimes de la haine islamophobe.
Pour l’Union syndicale Solidaires, la lutte contre l’islamophobie s’inscrit dans le combat plus large contre toutes les oppressions et tous les racismes. Notre syndicalisme porte l’exigence d’une société où chacun·e puisse vivre dignement, sans crainte d’être discriminé·e ou agressé·e en raison de ses origines ou de ses convictions.
Des organisations et personnalités dénoncent dans une tribune la progression de lâislamophobie en France et appellent à se rassembler en hommage à Aboubakar Cissé, tué « parce que musulman ».
Elles appellent à organiser, ce dimanche dans toute la France, des marches silencieuses, comme celle de Strasbourg à partir de 16 h entre la place de lâUniversité à la place de la République ou à Paris, à 14h, depuis la place de la République.
Voici leur communiqué :
« Le 25 avril, un homme de 22 ans, Aboubakar, a été poignardé à de multiples reprises et laissé agonisant sur son tapis de prière dans la mosquée de La Grand-Combe, dans le Midi. Immédiatement après avoir tué Aboubakar, son assaillant lâa filmé, en gros plan, tout en se répandant en horreurs sur lâislam et ses fidèles.
Ce crime nâest pas un fait divers. Ce nâest pas lâhistoire dâun règlement de compte, ni une engueulade à la fin tragique. Câest lâhistoire dâun pays où un homme décide dâen tuer un autre quâil ne connaît pas, parce que celui-ci prie dans une mosquée. Parce quâil est musulman.
Cette décision, au fond, le tueur ne lâa pas prise tout seul. Cet assassin vit en France, où des membres des gouvernements successifs nâont eu de cesse dâalimenter lâislamophobie et des scores à deux chiffres du Rassemblement national.
Comment ne pas penser à lâobsession contre lâislam et lâimmigration des Le Pen, Bardella, Retailleau, Valls, Darmanin à lâheure de veiller Aboubakar ?
Il nây pas dâambiguïté. Celui qui tue est responsable. Mais celui qui commet un crime raciste le commet toujours dans une ambiance qui le favorise. Comment ne pas penser à lâobsession contre lâislam et lâimmigration des Le Pen, Bardella, Retailleau, Valls, Darmanin à lâheure de veiller Aboubakar ?
Son meurtre nâexiste pas sans les législations qui, depuis 20 ans, stigmatisent et excluent les musulmans au nom dâune laïcité dévoyée. Il nâexiste pas sans les perquisitions de milliers de foyers musulmans menées sous lâégide dâun président dit socialiste après les attentats de 2015. Il nâexiste pas sans la loi sur le séparatisme, sans la dissolution des collectifs de luttes contre lâislamophobie. Il nâa pas lieu sans lâobsession médiatique autour de lâislam, des vulgaires plateaux de CNews aux intellectuels de cours raffinés qui sous couvert de lutter contre le fanatisme crachent quotidiennement leur haine des arabes et des noirs.
Il nâexiste pas sans le silence coupable et gêné dâune partie de la gauche face aux expulsions dâimams, sans lâinstrumentalisation de laïcité pour sâattaquer à lâIslam, sans le pseudo « contrat dâengagement républicain ». Il nâexiste pas sans la répression qui touche celles et ceux qui ont lâoutrecuidance de sâindigner devant le génocide que subit le peuple palestinien, qui ont la folle idée dâen nommer la cause, le colonialisme, et se retrouvent dans le viseur de lâantiterrorisme.
Les mêmes qui alimentent le climat islamophobe depuis des années feignent de sâémouvoir du sort dâAboubakar. Ils nâont pas porté les coups. Mais ils ont répandu lâislamophobie, rendu suspect chaque musulman, et défait les garde-fous.
Le terrible meurtre dâAboubakar nous rappelle que lâislamophobie est aujourdâhui au cÅur du développement du fascisme en France comme ailleurs. De Trump à Netanyahou, de Modi à Orbán, de Le Pen à lâAFD, la haine des musulmans cimente les stratégies impérialistes et réactionnaires. Il y a quelques mois, nous avons échappé de peu à la formation dâun gouvernement ouvertement dâextrême droite mais ce sursaut, nous le savons, est peut-être provisoire. Le pire reste à craindre
Dans ce contexte, la question de lâislamophobie doit être au cÅur de toute politique antiraciste, de toute tentative de défaire la progression du fascisme. Si les forces de notre camp ne parviennent pas à démanteler la progression de lâislamophobie au sein de lâÃtat et de nos sociétés, à défaire les lois islamophobes comme la loi séparatisme, alors lâodieux meurtre dâAboubakar pourrait nâêtre que le prologue à dâautres horreurs de masse.
Pour empêcher cela, pour rendre hommage à Aboubakar, et pour faire peuple contre toutes les formes de racisme, nous appelons à une grande marche partout sur le territoire le 11 mai 2025. »
Premières organisations signataires
Collectif Contre lâIslamophobie en Europe (CCIE)
Marche du 21 avril contre les racismes, lâislamophobie et pour la protection des enfants
Stop aux violences dâÃtat (SAVE)
Urgence Palestine
Génération Espoir, Dignité et Résistance
Comité Adama
Perspectives Musulmanes
Marche des Solidarités
LâAssemblée des quartiers
RED Jeunes
Comité Sans-Papiers 75
Argenteuil Solidarité Palestine
Droit Ici Et LÃ -Bas (DIEL)
Comité de défense dâAbdourahmane Ridouane
Justice pour Djamel Benjaballah
Intercollectif des sans-papiers dâIle-de-France
Stop Islamophobie 94
Parti des Indigènes de la République (PIR)
Union des Démocrates Musulmans Français (UDMF)
Basket pour toutes
Brigade anti-négrophobie
Comité de soutien à la Palestine de lâUniversité de Nanterre
Collectif Blouses Blanches pour Gaza
Collectif Attariq
Brigade panafricaine pour la Palestine
Collectif Hameb
La Tribune des pirates
Collectif Gaza Compiègne Solidarité
Europalestine
FUIQP
TSEDEK
Collectif de défense des jeunes mantois
Personnalités
Annie Ernaux, écrivaine
Adèle Haenel, actrice
Waly Dia, humoriste
Blanche Gardin, artiste
Frédéric Lordon, philosophe
Françoise Vergès, autrice
Faïza Guène, romancière et scénariste
Raphaël Confiant, écrivain
Djamil Le Shlag, humoriste et chroniqueur
Imhotep, membre du groupe IAM
Booder, acteur et humoriste
Michel Zecler, producteur de musique
Mireille Fanon Mendes-France, fondation Frantz fanon et ex-UN expert
Michèle Sibony, membre de lâUJFP
Fatima Daas, autrice
Gilbert Achcar, professeur émérite, SOAS, Université de Londres
François Burgat, politologue
Annick Coupé, syndicaliste et altermondialiste
Zine-Eddine Messaoudi, Porte-parole de la Jeune Garde
Manès Nadel, président de lâUnion Syndicale Lycéenne
Ariella Aicha Azoulay, professeure dâuniversité
Eyal Sivan, cinéaste
Hela Yousfi, sociologue
Stathis Kouvelakis, philosophe
Didier Lestrade, écrivain, philosophe
Tayeb Khouira, secrétaire national de Solidaires
Mehdi Fikri, réalisateur et scénariste
Nouredine Aoussat, imam et professeur à lâuniversité
Abdourahmane Ridouane, Président de la Mosquée de Pessac
Judith Bernard, enseignante
Camille Moulonguet, productrice
Lise Gillot, docteure en science politique
Claude Le Pape, scénariste
Charlotte Sanson, scénariste
Joseph Paris, cinéaste
Jaëraymie, artiste de rue
Frédéric Balekdjian, réalisateur
Chloé Wary, autrice de bande dessinée
Léa Murawiec, autrice et éditrice de bande dessinée
Samir Guesmi, acteur et réalisateur
Pierre Brunisso, avocat
Raphaël Kempf, avocat
Lucie Simon, avocate
Kaoutar Harchi, écrivaine et sociologue
Haïfa Tlili, sociologue et éducatrice sportive
Sefen Guez Guez, Avocat
Albert Lévy, ancien magistrat et avocat
Vincent Souleymane, enseignant en science islamique et auteur
Gabriel Hagai, Rabbin
Shahin Hazamy, journaliste indépendant
Ousmane Timera, conférencier,penseur et auteur franco-sénégalais
Kalthoum Gachi, Avocate
Mokrane Sahari Oussara, éducateur populaire, et Chirurgien-Dentiste
Ismail Bendjilali, Imam de la Mosquée des Bleuets â Marseille
Youssef Girard, historien
Faker Korchane, théologien, président de lâARIM
Yassine Belattar, humoriste et chroniqueur
Daniel Lartichaux-Ullmann, documentaliste
John Mullen, Enseignant et chercheur
Yanis Arab, Chercheur universitaire
Fateh Kimouche, journaliste
Nadiya Lazzouni, journaliste
Hatem BH, journaliste et photographe
Faiza Ben Mohamed, journaliste
Dali Bensalah, acteur
Thomas Sibille, auteur et éditeur
Lilia Bouziane, élève avocate
Lyna Malandro, réalisatrice
Fateh Kimouche, journaliste
Soraya Rahmani, avocate
Sara El Attar, experte en art oratoire et média training
Dalila Lassouaoui, éducatrice parentale et gestion familialeâ¨Rose Ameziane, Présidente Mouv Territoires â Chroniqueuse Politique
Samia Orosemane, humoriste
Organisation/Association
S.T.R.A.S.S
Les alliés de la Paix
Collectif Ivryens contre la loi séparatisme
Collectif blâmer le blâmable
KESSEM â juives, féministes décoloniales
UJFP
La relève féministe
Ãtudiants Musulmans de France
Collectif Stop Islamophobie
Ziyara Project
Samidoun Paris Banlieue
Collectif Vietnam Dioxine
Média Musulmans en Occident
Assemblée féministe transnationale
Saalam â SciencePo Paris
Comité Palestine â SciencePo Paris
La France Insoumise (LFI)
NPA-A
Révolution Permanente (RP)
Le point levé branche étudiant RP