À l’occasion de leur niche parlementaire, les Républicains veulent mettre à l’ordre du jour l’interdiction du port du voile aux mineures dans l’espace public. Une mesure qui vise à intensifier la répression islamophobe et raciste, dans la droite lignée des idées portées par l’extrême droite.
Jeudi 22 janvier, les Républicains portent à la discussion un projet de loi qui vise à interdire le voile aux mineures dans l’espace public, dans le cadre de leur niche parlementaire. Le texte souhaite [interdire aux parents d’ « imposer » ou [« autoriser » une fille mineure « à porter dans l’espace public une tenue destinée à dissimuler sa chevelure ». L’occasion pour Les Républicains de mener une nouvelle offensive islamophobe et d’avancer leur agenda répressif.
La proposition défendue par la Droite républicaine revendique explicitement le « rapport » sur les Frères musulmans commandé par le gouvernement et publié en mai 2025, véritable torchon complotiste reprenant toutes les thèses de l’extrême-droite. Par ailleurs, Laurent Wauquiez avait déjà défendu une proposition de loi similaire en novembre 2025. Le texte avait été jugé inconstitutionnel et n’avait pas été adopté, malgré le soutien de Gabriel Attal, qui s’était déjà montré favorable à cette mesure quelques mois plus tôt, sans déposer de texte néanmoins. Les macronistes se disent prêts à voter le texte s’il concerne les mineures jusqu’à 15 ans, alors que le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez s’était récemment montré défavorable à cette mesure.
À gauche, la majeure partie des arguments tient à la soi-disant « anti-constitutionnalité » du texte. Les Verts dénoncent un texte « inégal, arbitraire et inapplicable », et demandent aux Républicains de « préciser les exceptions applicables à l’interdiction proposée, en listant les couvre-chefs pouvant être portés par des jeunes filles mineures dans l’espace public ». Selon eux, le texte est imparfait car il « pourrait en effet englober un grand nombre de situations dépourvues de tout caractère religieux : port d’une perruque, d’une capuche, d’une casquette, d’un bonnet ». Des critiques plus sur la forme que sur le fond du texte.
Le harcèlement institutionnel n’en finit pas de s’intensifier à l’encontre des femmes musulmanes. Après l’interdiction de l’abaya en 2023, puis du port du voile pour les athlètes françaises aux JO 2024, une infirmière, Majdouline, avait été licenciée fin 2025 pour le port d’un calot, avant d’être réintégrée suite à une bataille politique exemplaire. Le voile est une nouvelle fois directement visé, dans la continuité des attaques islamophobes institutionnalisées depuis le début des années 2000 par les différentes lois sur le port des signes religieux.
Contre cette nouvelle offensive, mais aussi toutes les autres propositions réactionnaires de la niche parlementaire, de la présomption de légitime défense pour les policiers à l’extension des autorisations légales de travail le 1er mai, le mouvement ouvrier doit se mobiliser. Il faut réclamer l’abrogation de toutes les lois racistes – de la loi de 2004, mère de toutes les offensives islamophobes à l’école, à la loi séparatisme – en articulant le combat contre l’offensive autoritaire et raciste à la lutte contre les plans austéritaires et anti-ouvriers du gouvernement.
Dérapage contre LFI, islamophobie : le menu de la niche LR
À travers sa niche parlementaire du 22 janvier, Les Républicains ont exposé un projet politique cohérent mais inquiétant, mêlant autoritarisme, identitarisme et libéralisme dur. Derrière des textes présentés comme sécuritaires ou féministes, LR cible toujours les mêmes : les musulmans, les étrangers, les manifestants, les grévistes et les plus précaires. Interdiction du voile pour les mineures, protection renforcée des policiers, exclusion des sans-papiers de l’hébergement d’urgence, sanctions sociales contre les militants, attaques contre le droit de grève et le 1er mai : autant de mesures qui visent à discipliner la société et à réduire les droits collectifs. Ces propositions, largement inspirées de l’extrême droite, ont provoqué un chaos parlementaire dès le premier texte, nourri par des provocations du RN et une gestion partiale des débats. Plus qu’un simple glissement, cette niche révèle une radicalisation assumée de LR, qui ne se distingue plus du RN que par son nom et continue de normaliser une politique de répression sociale au service des plus puissants.
Le Récap est un édito politique, à retrouver du lundi au jeudi sur Le Média.
