La polémique suscitée par les propos de Virginie Lecasble sur France Info n’est pas un accident.
Quand une journaliste d’un service public ose qualifier les musulmans de France de « menace démographique » et les accuse d’être « par nature antisémites », ce n’est pas un simple « dérapage » : c’est l’expression nue d’une idéologie qui gangrène une partie des médias français.
Cette idéologie a des racines claires : elle recycle les obsessions de l’extrême droite, comme le fantasme du « grand remplacement », et les normalise à l’antenne sous couvert de « débat ». On ne parle plus d’égalité républicaine ni de dignité humaine : on désigne des citoyens comme suspects par essence, coupables d’exister, à surveiller comme une « population étrangère » dans leur propre pays.
Que ces propos soient tenus sur France Info, financée par l’impôt de tous, révèle le problème profond : l’islamophobie est devenue un langage autorisé, banalisé, dans les médias de service public.
Et derrière chaque séquence, il y a un mécanisme bien huilé : stigmatiser les musulmans, détourner l’attention de l’opinion, et maintenir un climat de peur et de division.
Ce climat n’est pas sans lien avec le soutien aveugle d’une partie des élites politiques et médiatiques à l’entité sioniste, malgré ses crimes à Gaza et en Cisjordanie. Stigmatiser les musulmans en France, c’est aussi une manière de délégitimer toute solidarité avec la Palestine, en assimilant critique de l’occupation à « antisémitisme » et identité musulmane à « menace ». Les chiffres sont pourtant implacables : un musulman sur deux en France a déjà été victime de discrimination.
Ces « dérapages » médiatiques ne tombent donc pas dans le vide : ils nourrissent les humiliations quotidiennes, les agressions, les discriminations à l’embauche, les contrôles policiers abusifs. Ils fabriquent un climat qui blesse, exclut et marginalise des millions de citoyens.
Il est temps de le dire clairement : il ne s’agit pas de cas isolés, mais d’un système médiatique qui donne régulièrement tribune à la haine antimusulmane, qu’elle soit déclinée par l’extrême droite ou par des « éditorialistes » mainstream.
Face à cela, la réaction de la Grande Mosquée de Paris est salutaire. Mais il faut aller plus loin : exiger des sanctions réelles contre les fauteurs de haine médiatique, et rappeler que la République n’a pas vocation à nourrir le racisme avec l’argent public. Parce qu’au bout du compte, cette islamophobie médiatique n’est pas seulement une insulte aux musulmans : c’est une menace contre la cohésion nationale et contre les valeurs mêmes que la France prétend incarner.
Mehdi Ghayeb