Après l’annonce de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France, les éditorialistes des médias détenus par Vincent Bolloré dénoncent un cadeau fait au Hamas, (encore une fois) en dépit des faits.

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Sur les chaînes de Bolloré, les soutiens de Netanyahou sont en larmes. Littéralement. Emmanuel Macron vient de reconnaître la Palestine. L’essayiste Rachel Khan lâche sur CNews, la voix tremblante : « Il a dit « une vie égale une vie », c’est la propagande du Hamas » Ce principe humaniste élémentaire, repeint en rhétorique djihadiste. « Une vie égale une vie » était pourtant l’élément de langage utilisé ad nauseam par les partisans de la « légitime défense » d’Israël après les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre 2023.
Une précaution de langage qui permettait ensuite de mieux attribuer la responsabilité des crimes de guerres israéliens au seul Hamas, et épargner le gouvernement suprémaciste de Benyamin Netanyahou. Les quelques mairies qui ont hissé le drapeau palestinien ? « On voit des drapeaux de la haine. Ce qui est consacré, aujourd’hui, c’est le palestinisme », s’emporte Rachel Khan, assimilant tous les Palestiniens au Hamas…
Marine Le Pen et le « Hamastan »
Dans la même veine, Erik Tegnér, patron du site d’extrême droite Frontières, assimilait sur Radio Bolloré, pardon Europe 1, la reconnaissance de l’État de Palestine à du « clientélisme ». Reprenant un argumentaire d’ordinaire utilisé contre la gauche, il avance que le président français « considère (…) qu’il y a sept à huit millions de musulmans sur le territoire français mais que face à 400 000 juifs, il a choisi ».
Ses amis du Rassemblement national n’y vont pas par quatre chemins. Marine Le Pen perçoit dans le geste d’Emmanuel Macron la « reconnaissance du Hamastan ». Son collègue frontiste Julien Odoul y voit un « jour de fête nationale et internationale pour les groupes terroristes ».
La palme de l’outrance revient au journaliste d’extrême droite Paul Amar. La reconnaissance de la Palestine ? Le coup d’envoi de la guerre de civilisation : « Il y aura plus de musulmans que de chrétiens en 2050. Le combat ne fait que commencer. Ils sont en conquête. Le drapeau palestinien (…) est le drapeau du califat ». Soit les soubresauts du dernier quarteron des soutiens de Netanyahou, qui cachent mal leur isolement.
