François Kalfon : Quand la gauche recycle la propagande d’extrême-droite

Les mots choisis par François Kalfon (PS) lors d’une récente prise de parole révèlent une dérive inquiétante. Dans le contexte politique actuel, il a déclaré qu’il fallait négocier avec François Bayrou, de peur que les centristes ne soient remplacés par « une gauche Gaza ».

Une rhétorique dangereuse

Cette expression n’est pas anodine : elle recycle sans détour une propagande d’extrême-droite qui vise à assimiler la solidarité avec le peuple palestinien à une menace, une forme d’ennemi intérieur. Parler de « gauche Gaza » n’est pas seulement maladroit, c’est criminaliser l’engagement de celles et ceux qui dénoncent un génocide, une occupation et des crimes de guerre documentés par des ONG internationales.

Quand la gauche reprend les mots de ses adversaires

Que l’extrême-droite emploie ce type d’amalgame, personne n’en est surpris. Mais quand un responsable politique issu du Parti socialiste reprend cette rhétorique, cela traduit un renoncement profond : celui de défendre les valeurs de justice, d’égalité et d’antiracisme qui devraient constituer le socle de toute gauche digne de ce nom. François Kalfon, en reprenant les mots de ses adversaires idéologiques, offre une caution « républicaine » à un discours de haine.

Dénoncer un génocide n’est pas une honte, c’est un devoir

Qualifier la solidarité avec Gaza de danger, c’est inverser la réalité. Les vrais dangers pour la démocratie, ce sont les discours qui légitiment les massacres, qui invisibilisent les victimes, et qui musellent celles et ceux qui osent dénoncer l’injustice. Être « une gauche Gaza », si l’expression devait avoir un sens, ce serait au contraire incarner une gauche fidèle à l’universalisme, une gauche qui refuse le deux poids deux mesures et qui porte la voix des opprimés.

Le piège des amalgames

En parlant ainsi, François Kalfon contribue à l’amalgame entre musulmans, défense des droits humains et menace politique. Ce glissement nourrit l’islamophobie ambiante, fragilise le débat démocratique et fait le jeu de l’extrême-droite. Car à force de vouloir leur ressembler pour capter un électorat, certains finissent par leur donner raison.

Quand vous reprenez la propagande d’extrême-droite, nous, nous sommes fiers de dénoncer un génocide, François Kalfon. L’histoire retiendra ceux qui ont fermé les yeux au nom de petits calculs politiciens, et ceux qui ont choisi de se tenir du côté de la dignité humaine. La gauche n’a pas à craindre d’être assimilée à Gaza : elle doit craindre de ne plus être fidèle à ses valeurs.