De plus en plus de personnes malintentionnées se penchent sur les Ahadith, les Saintes Anecdotes relatives au Prophète Mohammad, صpour légitimer leurs critiques de l’Islam. Les islamoclastes assumés se focalisent sur les narrations équivoques, imprécises ou douteuses pour vilipender la religion de ceux qu’ils accusent de vouloir les « grand-remplacer », leur reprochant de dédaigner leurs normes sociales et religieuses et de contaminer un espace public censé leur appartenir. Alors que les Musulmans restent plutôt apathiques face au dénigrement de leur patrimoine religieux, les fanfarons issus du sérail se complaisent à étriller les prescriptions qu’ils dédaignent par aversion ou par paresse.
Les avant-gardistes et autres experts en évolution des esprits et des mœurs se hasardent à confronter le Saint Coran et les Traditions Prophétiques aux diverses idéologies modernes en excluant tout contexte spatio-temporel (leur localisation et leur époque), dans le but manifeste de les disqualifier et de s’en affranchir. Délibérément amnésiques en s’imaginant être précurseurs en la matière, ils opposent des traditions millénaires historiquement éprouvées à la mentalité et aux usages contemporains, en prenant soin de ne jamais s’aventurer à répondre aux questions essentielles – comme l’origine et la finalité de l’Humanité et de l’Univers – pour lesquelles ils sont dépourvus d’explications convaincantes.
Le Saint Coran, mémorisé et codifié dès sa révélation puis récité au mot près jusqu’à ce jour, est réputé inaltérable.[1] Les Ahadith n’ont été collectés et compilés que plus d’un siècle après la disparition du Saint Prophète, ص entre autres par Ibn Ishaq (704-767) et Malik Ibn Anas (712-795), voire deux cent ans en ce qui concerne les ouvrages considérés les plus fiables que sont les Sahih d’Al Bukhari (810-870) et de Muslim (817-875), et quelques cinq cent années plus tard pour le célèbre Jardin des Vertueux (Riyadh as-Salihine) d’An-Nawawi (1233-1277). Malgré cela, contrairement à la Bible et aux Evangiles, qui sont truffées d’invraisemblances comme l’a démontré le Docteur Maurice Bucaille,[2] beaucoup de Ahadith coïncident avec la révélation coranique et se répètent à l’identique dans les nombreux ouvrages qui les collationnent.[3] Les narrations rares ou insolites ont motivé les interrogations et les contestations des érudits les plus exigeants voire leurs dénégations, et DIEU est plus Savant. والله أعلم
Le Saint Coran DIEU enjoint d’accomplir l’Office de Prière (As-Salat) mais sa procédure officielle émane des Ahadith du Saint Prophète صqui ont le mérite de préciser les modalités du Jeûne du mois de Ramadan, de la Taxe Zakat, du Pèlerinage à Makkah et de moult instructions, obligations et interdictions prophétiques. Les Saintes Anecdotes ont détaillé l’intégralité des pratiques religieuses du Saint Prophèteص (impraticables sans cet éclairage) qui ont été ainsi imitées invariablement depuis. Hormis un petit éventail de préceptes rarissimes ou particuliers entaché de doute, l’authenticité de la plupart des enseignements religieux est confirmée par leur adéquation avec le Saint Coran ainsi que par leur pratique assidue et ininterrompue par des milliards d’adeptes durant quatorze siècles.
Dans leur immense majorité, les Traditions Prophétiques recommandent la vertu, le bon comportement, la philanthropie, la bienfaisance, la charité, la tolérance, la bravoure, et réprouvent la méchanceté, l’égoïsme, la jalousie, les actes répréhensibles et les abominations ; elles n’ont ouvertement rien de néfaste, au contraire. S’il n’est pas primordial d’approuver l’intégralité des Ahadith et de s’y conformer strictement, les rejeter en bloc est une ânerie. Il est salutaire pour les Musulmans de recourir abondamment à ce « dictionnaire spirituel » et de s’inspirer de ses excellentes définitions pour adopter ce qui est réaliste, essentiel et profitable, comme d’autres puisent dans les œuvres profanes ou religieuses,[4] pour s’élever, se cultiver (ou tout au moins en donner l’impression).
Ceux qui propagent des réflexions personnelles, dénuées de fondements irréfutables, seraient mieux inspirés d’éviter de heurter les convictions de ceux qui pensent autrement et vivent différemment. Ceux qui exècrent l’Islam ont beau jeu de profiter de la moindre controverse pour discréditer les « anecdotes islamiques » en particulier et promouvoir les plus saugrenues des leurs. Malheureusement, les bisbilles entre les adeptes de la religion d’ALLAH pour des broutilles dogmatiques et les affrontements entre ceux qui en font trop et ceux qui n’en font pas assez sont tellement fréquentes qu’elles ne deviendront surement jamais anecdotiques.
[1] « Et nul ne peut changer les paroles de DIEU. » (Coran 6 :34). « Pas de modification aux paroles de DIEU. (Coran 10 :64). « Oui c’est Nous QUI avons fait descendre le Rappel. Certes oui, et c’est Nous QUI en sommes gardien. » (Coran 15 :9). « – oui, et elle est auprès de Nous, dans l’Écriture-Mère, haute, sage, assurément. (Coran 43 :2-4). « Que ceci est certes oui une noble Lecture, (Coran) dans un Livre bien gardé que seuls les purifiés touchent : descente de la part du Seigneur des mondes. (Coran 56 :77-80).
[2] « La Bible, le Coran et la science » Ed. Desclée de Brouwer, Paris. 1978.
[3] Ibn Ishâq, Mâlik, Ibn Hanbal, Ad-Dârimî, Al-Bukhârî, Abû Dâwûd, Muslim, Ibn Mâjah, At-Tirmidhî, An-Nasâ’î, At-Tabarî, Ibn Hibbân, An-Nawawi, etc.
[4] « La parole de sagesse est la propriété perdue du Musulman, il la récupère là où il la retrouve. » (Tirmizhy 39/19 – Ibn Majah 37/15).
Daniel Youssouf Leclercq