Dans un communiqué publié ce vendredi, les députés insoumis dénoncent de potentiels liens entre les Émirats arabes Unis et des membres du magazine « Écran de veille », qui a commandé l’enquête de l’Ifop sur l’islam en France.
L’enquête de l’Ifop faisant état de la radicalité croissante des fidèles musulmans en France n’en finit plus de faire réagir. Dans un communiqué diffusé ce vendredi 5 décembre, les députés La France insoumise (LFI) ont annoncé saisir la procureure de la République (au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale) au sujet de potentiels liens entre les Émirats arabes unis et les journalistes Nora Bussigny et Emmanuel Razavi, membres de la revue Écran de veille – à l’initiative de l’étude.
Dans leur communiqué, les députés insoumis dénoncent la potentielle pénétration des institutions par « un réseau d’influence émirati », lequel aurait rémunéré les deux membres de la revue. Ceux-ci se sont fait connaître en publiant tous deux en 2025 des ouvrages révélant des liens entre LFI et l’islamisme (La Pieuvre de Téhéran pour Emmanuel Razavi et Les Nouveaux antisémites pour Nora Bussigny).
Sondage IFOP ciblant les musulmans : les députés LFI saisissent la Procureure de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. pic.twitter.com/k9noHIXUhW
— Paul Vannier (@PaulVannierFI) December 5, 2025
Dans leur courrier daté du 5 décembre et adressé à la procureure Laure Beccuau, les élus insistent sur les « très nombreux biais méthodologiques » de cette étude, déjà critiquée pour sa rigueur scientifique, et dénoncent une publication ayant « servi de support à des discours incitant à la haine, à la discrimination et à la violence » à l’encontre des personnes de confession musulmane. Les députés estiment que les faits exposés sont susceptibles de relever des articles 23 et 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, relatifs à la provocation à la haine raciale.
Mais ce signalement va plus loin. Les députés LFI évoquent également de possibles ingérences étrangères, citant des révélations de Mediapart et Le Monde sur d’éventuels liens entre le commanditaire du sondage — la revue Écran de veille — et les services de renseignement d’un pays étranger. Ces connexions supposées, si elles étaient avérées, « pourraient participer d’une opération d’influence d’une puissance étrangère sur notre sol », affirment les parlementaires. Ils rappellent que les relations entretenues par Écran de veille avec certaines figures suspectées d’espionnage ont été évoquées dans plusieurs enquêtes de presse.
La démarche de LFI intervient après une première plainte déposée contre X, le 23 novembre, par quatre conseils départementaux du culte musulman (CDCM) — ceux du Loiret, de l’Aube, des Bouches-du-Rhône et de Seine-et-Marne. Dans cette plainte, leurs avocats, Maîtres Romain Ruiz et Raphaël Kempf, dénoncent des manquements à la loi du 19 juillet 1977 encadrant les sondages, notamment une focalisation « sur des résultats minoritaires à des fins polémiques » et des conclusions jugées « orientées ». L’un des points les plus sensibles concernait l’évocation de la « charia » dans les conclusions du directeur de l’Ifop, alors que ce terme ne figurait dans aucune des questions posées aux sondés.