Les discriminations religieuses augmentent en France

Les discriminations religieuses augmentent en France, c’est la conclusion du rapport de Claire Hédon, la Défenseure des droits. Elle appelle à une prise de conscience sur le sujet et note que ce sont surtout les musulmans qui sont victimes de ces discriminations. 34 % des personnes musulmanes ou perçues comme telles, et qui ont répondu à ce sondage, ont dit en avoir été victimes au cours des cinq dernières années, contre 27 % en 2016.

Selon un rapport publié jeudi 4 décembre 2025, 7% des sondés déclarent avoir fait l’objet de discriminations fondées sur leur religion au cours des cinq dernières années, contre 5% en 2016. Toutes les religions sont concernées par la hausse des discriminations, mais les quatre millions de musulmans français sont particulièrement touchés.

Les femmes musulmanes sont ainsi 38% à faire état de discriminations (contre 31% des hommes de la même religion), selon un rapport publié par la Défenseure des droits de décembre 2025.
Les femmes musulmanes sont ainsi 38% à faire état de discriminations (contre 31% des hommes de la même religion), selon un rapport publié par la Défenseure des droits de décembre 2025. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les discriminations liées à la religion progressent nettement en France, et les musulmans en paient le prix fort : 34% d’entre eux déclarent avoir été victimes d’islamophobie l’année dernière. Chez les femmes musulmanes, cette part monte à 38%. Les discriminations augmentent aussi chez les juifs et les chrétiens, mais de manière moins prononcée.

Un constat qui s’inscrit dans un paysage religieux en profonde recomposition : l’Église catholique s’est affaiblie tout en restant la première religion (29% de la population française se déclare catholique), le protestantisme évangélique a progressé et l’islam est devenu la deuxième religion de France (10%). Dans le même temps, la désaffiliation religieuse des Français s’accentue.

Des agressions et préjugés documentés par la Défenseure des droits

Un nouveau rapport de la Défenseure des droits documente les agressions constatées en s’appuyant sur les réclamations traitées par l’institution. Ces agressions se caractérisent par des mots violents, des préjugés, des attitudes hostiles comme le refus d’accéder à un commerce, des difficultés à se faire embaucher ou à trouver un logement…

Les discriminations peuvent également être très insidieuses. C’est le cas des établissements qui interdisent de porter un couvre-chef dans leur règlement intérieur. Ils excluent d’office les personnes qui portent une kippa, un turban ou, le plus souvent, un voile. Parfois, ces discriminations ont lieu en invoquant à tort la laïcité, principe important de la République française, mais souvent mal compris.

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Des « mesures ambitieuses » de sensibilisation et de formation requises pour réaffirmer le concept de laïcité

Selon cette autorité indépendante qui surveille le respect des droits des citoyens, 24% des Français pensent qu’il est interdit de porter des signes religieux dans la rue. Cette croyance est évidemment fausse. Claire Hédon, la Défenseure des droits, appelle à des « mesures ambitieuses » de sensibilisation et de formation, notamment à l’école, pour expliquer le concept de laïcité, les droits et les limites qu’il pose pour exercer sa religion. « Un enseignement dédié à la laïcité dès le niveau élémentaire permettrait, dès le plus jeune âge, une meilleure compréhension » de ce principe et donc « des droits de chacun et de leurs limites », ajoute-t-elle.

Car la Défenseure l’affirme : la lutte contre les discriminations fondées sur la religion « n’est pas seulement une exigence juridique » mais « conditionne la préservation de la cohésion sociale ».

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