Commission d’enquête sur les réseaux islamistes ou «nourrir ce climat de suspicion permanente»

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a été auditionnée mardi par la commission d’enquête de l’Assemblée sur les liens entre politiques et réseaux islamistes. Elle accuse la commission d’enquête de «nourrir ce climat de suspicion permanente»

Lancée après de multiples soubresauts, la commission d’enquête sur les liens entre partis et islamisme présidée par le LR Xavier Breton continue d’auditionner plusieurs responsables politiques avant de rendre son rapport dans le courant du mois de décembre. C’était au tour de la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier d’être auditionnée mardi 2 décembre.

Au début de son audition mardi après-midi, Marine Tondelier a accusé cette instance, «par la manière dont elle s’est créée et dont elle choisit et formule ses questions» de «nourrir ce climat de suspicion permanente qui pèse sur un trop grand nombre de nos compatriotes en raison d’une appartenance réelle ou supposée à une religion, en l’occurrence l’islam».

Une atmosphère «islamophobe»

Dans son propos liminaire, la secrétaire nationale des Écologistes l’a également accusée de contribuer à «cette atmosphère» qu’elle «n’hésite pas à qualifier d’islamophobe». «Les questions du terrorisme et de la diffusion de l’idéologie islamiste sont essentielles pour la sécurité de notre pays et pour notre vivre-ensemble», a toutefois reconnu la patronne des Écologistes.

«Je ne suis pas inquiète quant à un entrisme potentiel de l’idéologie islamiste ou encore terroriste au sein du mouvement des Écologistes que j’ai l’honneur de présider depuis 2022», a-t-elle encore déclaré, en disant «s’étonner par ailleurs que tous les partis représentés au Parlement n’aient pas été convoqués à cette audition».

«Prier, porter un voile, manger halal ne menace pas la République»

Marine Tondelier a en effet affirmé que le fait «d’aller prier, de porter un voile ou de manger halal» ne constitue en rien une menace pour la République. Selon elle, le véritable danger proviendrait plutôt d’organisations religieuses ou idéologiques structurées, porteuses de discours de haine et cherchant à imposer des normes contraires aux droits et aux libertés publiques.

LeFigaro

 

Jean-Luc Mélenchon a été initialement convoqué pour être entendu mardi, comme la patronne des Ecologistes Marine Tondelier.

Mais La France insoumise avait indiqué qu’il « ne pouvait être disponible dans un délai aussi court ». Le leader de LFI proposait d’être auditionné « dès samedi ou dimanche » pour « éclairer la commission sur l’histoire de la pensée républicaine en matière de relations entre religion et politique ».

Les Insoumis estiment que la commission d’enquête, qui vise implicitement LFI, « ne respecte pas les règles ».

Le bureau (président, vices-présidents, secrétaires…) de cette commission ne comprend en effet aucun député issu de groupes de gauche, alors que le règlement dispose que ces nominations doivent se faire en s’« efforçant de reproduire la configuration politique de l’Assemblée ».

« Atmosphère islamophobe »

Au début de son audition, Marine Tondelier a accusé cette instance, « par la manière dont elle s’est créée et dont elle choisit et formule ses questions » de « nourrir ce climat de suspicion permanente qui pèse sur un trop grand nombre de nos compatriotes en raison d’une appartenance réelle ou supposée à une religion, en l’occurrence l’islam ».

La patronne des Ecologistes l’a également accusée de contribuer à « cette atmosphère » qu’elle n’hésite pas à qualifier d’« islamophobe.»

« Aller prier, porter un voile, manger halal ne menace pas la République. Ce qui menace la République, ce sont des organisations religieuses ou idéologiques structurées, diffusant la haine et cherchant à imposer des normes contraires aux droits et aux libertés publiques, y compris des organisations catholiques, comme l’a montré l’exemple de l’association d’extrême droite intégriste Civitas », a estimé Marine Tondelier.

La commission d’enquête devra terminer ses travaux le 10 décembre. Elle a auditionné plusieurs personnalités : des auteurs, des chercheurs, des sondeurs ou des responsables comme le directeur du renseignement de la Préfecture de police de Paris ou le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.

LecourrierAtlas