Aux armes citoyens ! 29 sénateurs LR formule 17 recommandations contre les musulmans

Un rapport de 107 pages rédigé par 29 sénateurs LR formule 17 recommandations contre l’islamisme.
Parmi elles : interdiction du voile et du jeûne pour les moins de 16 ans, interdiction du voile pour les accompagnatrices scolaires, traçabilité des financements religieux, rattachement des visas au ministère de l’Intérieur.
Le document évoque un mouvement structuré, décrit lors des auditions, et appelle à un « réarmement républicain global ».

Le Figaro

✔️ 1. Interdiction du voilement des fillettes et jeunes filles de moins de 16 ans dans l’espace public.

✔️ 2. Interdiction du jeûne pour les moins de 16 ans.

✔️ 3. Interdiction du port du voile par les accompagnatrices scolaires.

✔️ 4. Systématisation de l’audition des époux pour lutter contre les mariages forcés.

✔️ 5. Traçabilité renforcée des financements des mosquées et associations.

✔️ 6. Renforcement des obligations déclaratives des associations recevant des financements étrangers.

✔️ 7. Contrôle effectif du respect de ces obligations.

✔️ 8. Rattachement de la délivrance des visas au ministère de l’Intérieur.

✔️ 9. Adoption définitive de la proposition de loi sur la neutralité dans le sport.

✔️ 10. Incitation aux fédérations sportives à instaurer une neutralité totale dans chaque discipline.

✔️ 11. Interdiction des signes religieux ostentatoires pour les élus dans l’exercice de leur mandat.

✔️ 12. Maintien de l’interdiction des signes religieux à l’école, avec valorisation des « effets positifs » de la circulaire Attal 2023.

✔️ 13. Surveillance des pratiques d’alimentation dans les structures comme le Crous (ex : alimentation halal perçue comme influence religieuse).

✔️ 14. Réaffirmation de la mixité filles-garçons dans tous les espaces éducatifs, culturels, sportifs et associatifs.

✔️ 15. Soutien accru aux femmes des quartiers via des associations indépendantes des groupes religieux.

✔️ 16. Mesures de protection pour les femmes subissant des pressions communautaires.

✔️ 17. Développement d’un « contre-discours républicain » face aux réseaux islamistes.

 

Pourquoi les 17 recommandations de 29 sénateurs LR constituent un danger pour les libertés publiques**

Le 25 novembre, vingt-neuf sénateurs du groupe Les Républicains ont dévoilé une série de 17 recommandations visant, selon eux, à « lutter contre l’islamisme ». Parmi ces mesures, trois ont immédiatement suscité une onde de choc : l’interdiction du voile pour les mineures, l’interdiction du jeûne avant 16 ans, et l’interdiction du voile pour les accompagnatrices scolaires.
Au-delà du symbole, ces propositions révèlent une dérive préoccupante : la construction d’un arsenal juridique visant explicitement une seule catégorie de citoyens — les musulmans — au mépris des principes constitutionnels fondamentaux.

1. L’enfance transformée en champ de bataille idéologique

Interdire à une adolescente de 15 ans de porter un foulard ou de jeûner durant un mois relève d’une intrusion brutale dans la vie intime et spirituelle.
On prétend protéger l’enfant. En réalité, on l’infantilise.

On parle de « pressions communautaires », mais aucune étude sérieuse ne démontre que la majorité des jeunes musulmanes seraient contraintes. En revanche, une chose est certaine : ces lois exposeraient des milliers d’enfants à des humiliations, des contrôles, des soupçons permanents.
Protéger l’enfance, ce n’est pas priver un jeune de sa liberté de croyance : c’est l’écouter, l’accompagner, l’éduquer — pas le surveiller.

2. La liberté religieuse sacrifiée sur l’autel de la surenchère politique

La France est laïque. Cela signifie que l’État ne prend pas position contre une religion, mais garantit que chacun puisse pratiquer la sienne librement, dans la limite de l’ordre public.
Interdire le jeûne à un adolescent — qu’il soit musulman, catholique ou juif — n’a aucun précédent dans l’histoire républicaine.

Laïcité ne signifie pas « cacher l’islam », encore moins « réprimer les pratiques religieuses ».
Cette confusion volontaire trahit une instrumentalisation dangereuse de ce principe fondateur.

3. Un projet qui stigmatise au lieu d’unir

En ciblant exclusivement des pratiques musulmanes, ces mesures alimentent une vision binaire : d’un côté les « bons Français », de l’autre ceux dont la foi deviendrait suspecte par nature.
Cette logique fragilise la cohésion nationale qu’elle prétend défendre.

Les musulmanes portant le voile sont déjà les premières victimes de discriminations : accès au travail, insultes, agressions. Leur interdire de participer à des sorties scolaires revient à les exclure davantage de la vie sociale et citoyenne.
On prétend intégrer, mais on construit des barrières.

4. Des lois inapplicables, absurdes et potentiellement anticonstitutionnelles

Qui contrôlerait l’âge d’une jeune fille voilée ? La police ? Les agents municipaux ?
Qui vérifierait si un enfant jeûne ? Les surveillants de cantine ? Les professeurs ?
Et que faire si un enfant refuse de manger pour une autre raison : grève de la faim, choix personnel, trouble alimentaire ?

L’État se retrouverait dans une position grotesque, intrusif, et surtout incompatible avec les libertés garanties par la Constitution, la Convention européenne des droits de l’homme et la jurisprudence du Conseil d’État.

5. Une diversion politique plutôt qu’une réponse réelle aux défis de la société

En période de crise économique, de tensions sociales, de délitement des services publics, certains politiques choisissent la même recette :
désigner un bouc émissaire.
Plutôt que de s’attaquer aux causes structurelles du mal-être français, on pointe du doigt la tenue d’adolescentes ou la pratique religieuse de familles entières.

Ce ne sont ni des voiles ni des jeûnes qui menacent la République.
Ce sont la pauvreté, les inégalités, le manque d’accès aux droits, la polarisation du débat public.


Conclusion : c’est la liberté qu’il faut défendre, pas la restreindre

Ces recommandations ne protègent ni les enfants, ni la laïcité, ni la République.
Elles attaquent des libertés fondamentales, stigmatisent une minorité, et créent une fracture dangereuse dans la société française.

La République n’a pas besoin d’être « réarmée ».
Elle a besoin d’être réaffirmée : dans son égalité, sa justice, sa neutralité et sa capacité à protéger tous ses citoyens — sans distinction de religion.