Acharnement islamophobe : le président de la mosquée de Pessac menacé d’expulsion par le parquet de Paris

Le président de la mosquée de Pessac, condamné en première instance pour « apologie du terrorisme » en raison de son engagement pour le peuple palestinien, voit sa situation réexaminée par la Cour d’appel. L’Etat confirme sa volonté de l’expulser. Il faut faire front contre cet acharnement répressif et islamophobe.

Acharnement islamophobe : le président de la mosquée de Pessac menacé d'expulsion par le parquet de Paris

Mardi 23 septembre, la Cour d’appel de Paris a réexaminé le dossier d’Abdourahmane Ridouane, président de la mosquée de Pessac, condamné en mars dernier en première instance par le tribunal correctionel de Meaux à quatre mois d’emprisonnement avec sursis, deux ans d’interdiction de résider sur le territoire français et une inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes. Une condamnation qui s’appuie sur l’instrument autoritaire de l’« apologie du terrorisme » et la criminalisation de ses publications Facebook et de son engagement en solidarité avec le peuple palestinien. Le tribunal rendra sa décision le 21 octobre, mais le parquet a d’ores et déjà requis la confirmation de cette condamnation.

L’acharnement du ministère s’inscrit dans un saut répressif de l’État depuis le début du génocide, visant en particulier les représentants musulmans pour leur soutien à la cause palestinienne. L’imam de la mosquée des Bleuets à Marseille, menacée de fermeture par la préfecture, Smaïn Bendjilali, a par exemple été poursuivi pour apologie du terrorisme après avoir retweeté des posts qui dénoncent la colonisation en cours.

Une répression qui touche aussi des représentants syndicaux et politiques, ainsi que des organisations comme Urgence Palestine, alors que les poursuites pour « apologie du terrorisme » se sont multipliées pour intimider et faire taire les voix de la solidarité avec la Palestine.

Plus largement, l’État français, avec le soutien de l’extrême droite, ne fait qu’intensifier ses attaques islamophobes, récemment avec la dissolution de l’IESH, appuyée publiquement par Marion Maréchal, ou encore la mise en garde à vue de membres du CCIE après un signalement de Gérald Darmanin.

Ces attaques alimentent l’islamophobie à l’échelle nationale, favorisant les violences contre les personnes musulmanes. Le meurtre d’Aboubakar Cissé en est un terrible témoignage, tout comme les agressions et les attaques contre des lieux de culte musulmans, à l’image des têtes de cochons morts qui ont été déposées devant plusieurs mosquées.

Le cas d’Abdourahmane Ridouane constitue un précédent grave et s’inscrit dans la continuité des expulsions racistes qui visent à criminaliser le soutien à Gaza et à imposer des délits d’opinion, à l’instar des imams Hassan Iquioussen ou Mahjoub Mahjoubi. Face à ces attaques, il est crucial de faire front et de rappeler, tant qu’il le faudra, que soutenir la Palestine et dénoncer le génocide à Gaza ne sont pas des crimes !