États-Unis : une taxe sur les transferts d’argent… tant désirée en France

Une nouvelle mesure qui doit entrer en vigueur en 2026. Cette taxe sur les transferts d’argent, présentée par l’administration Trump comme une mesure destinée à décourager l’arrivée de nouveaux migrants sur le sol américain, ne concernera que les non-citoyens américains.

Selon la nouvelle loi de finance du budget fédéral, la mesure doit également permettre de financer de nouveaux recrutements dans la police de l’immigration et dans la sécurisation des frontières

60 dollars de frais et de taxes sur un envoi de 1000

Les sommes destinées à financer les études d’un enfant ne seront pas taxés mais il faudra alors fournir des justificatifs à l’administration fiscale américaine.

Un manque pour certains pays du continent africain, déjà fortement impactés par la suspension de l’Usaid, l’agence d’aide au développement américaine. Ces derniers dépendent également de l’argent des communautés africaines aux États-Unis.

(…) 56 milliards de dollars ont été envoyés en Afrique Subsaharienne. 10 milliards venaient des États-Unis. Le Nigeria reçoit 5,7 milliards de dollars des États-Unis. Les envois d’argent depuis les États-Unis représentent par ailleurs près de 20% du PIB du Liberia.

TV5monde

L’idée d’une taxe sur les transferts d’argent vers l’étranger, évoquée de temps à autre en France, est déjà mise en œuvre dans certains États américains. Voici un éclairage sur le sujet et ce que cela signifie dans le contexte franco-américain :


🇺🇸 États-Unis : une taxe locale sur les transferts d’argent vers l’étranger

Plusieurs États américains (notamment l’Oklahoma, l’Arizona, le Missouri ou encore la Géorgie) ont adopté ou proposé des taxes spécifiques sur les transferts d’argent internationaux. Ce type de transfert est souvent effectué par des travailleurs immigrés qui envoient de l’argent à leurs familles dans leur pays d’origine. Ces taxes ont pour objectifs :

  • de générer des recettes fiscales,
  • de freiner les flux financiers sortants,
  • de lutter contre l’immigration clandestine selon certains élus conservateurs.

💰 Exemple : l’Oklahoma

Depuis 2014, l’Oklahoma applique une taxe de 1 % sur les transferts internationaux. Cette taxe est prélevée par les entreprises de transfert d’argent (Western Union, MoneyGram, etc.). Les fonds sont en partie utilisés pour le financement du système judiciaire ou de programmes d’aide locale.


🇫🇷 En France : une idée régulièrement évoquée… mais jamais appliquée

🔄 Une vieille idée :

L’idée d’une taxe sur les transferts d’argent vers les pays étrangers, notamment vers les pays non-européens, a souvent été proposée :

  • par la droite ou l’extrême droite dans un discours de lutte contre l’immigration ou l’évasion fiscale,
  • par certains économistes ou ONG dans une logique de taxation solidaire (ex. : « taxe Robin des bois » pour financer le développement ou l’aide humanitaire).

❌ Pourquoi ça n’a jamais été mis en œuvre ?

  1. Difficultés techniques : les transferts sont souvent fractionnés, multiples, et échappent parfois aux circuits bancaires (transferts en liquide, réseaux informels).
  2. Contraintes européennes : une telle taxe pourrait contrevenir au principe de libre circulation des capitaux dans l’Union européenne.
  3. Effets pervers redoutés : développement des transferts clandestins, marginalisation des populations immigrées, risque d’injustice sociale.

⚖️ Enjeux éthiques et économiques

  • Pour certains, taxer ces transferts revient à pénaliser des populations modestes, souvent issues de l’immigration, qui soutiennent leurs familles restées au pays.
  • Pour d’autres, ces flux représentent des milliards d’euros non fiscalisés qui pourraient faire l’objet d’un prélèvement minimal.

📊 Chiffres clés

  • En 2022, les transferts d’argent depuis la France vers l’étranger (remittances) s’élevaient à environ 10 milliards d’euros.
  • Les principaux pays destinataires sont : Mali, Sénégal, Maroc, Tunisie, Algérie, Comores…

🧩 En résumé

L’exemple américain montre qu’il est techniquement possible de taxer les transferts d’argent internationaux, mais le contexte légal, politique et social français rend une telle mesure très sensible et difficilement applicable sans débat de fond.