En France, des milliers de familles font appel chaque année à un professionnel de santé pour faire pratiquer une circoncision sur leur enfant, que ce soit pour des raisons médicales, religieuses ou culturelles. Pourtant, pour une pratique aussi courante, le coût reste extrêmement élevé, et suscite de plus en plus d’interrogations, voire d’indignation.
💸 Des tarifs qui dépassent 500 euros
Aujourd’hui, le prix moyen d’une circoncision en France se situe entre 450 et 600 euros, sans compter les frais annexes : consultation préopératoire, médicaments, anesthésie locale, soins postopératoires ou visite de contrôle. Le tout peut rapidement dépasser les 700 euros au total pour une famille.
Ces tarifs s’expliquent notamment par le fait que la Sécurité sociale ne prend pas en charge l’acte lorsqu’il est réalisé en dehors d’un motif médical. Or, dans la grande majorité des cas, la demande est d’ordre rituel ou religieux, notamment chez les familles musulmanes ou juives.
❌ Une exclusion des familles modestes
Cette absence de prise en charge crée une fracture sociale, où seules les familles disposant des ressources suffisantes peuvent accéder à l’intervention dans des conditions médicales sûres. Certaines se tournent vers des praticiens à l’étranger (Tunisie, Maroc, Turquie…) ou vers des circuits non officiels en France, avec tous les risques sanitaires que cela comporte.
En parallèle, peu de médecins acceptent de réaliser des circoncisions à visée religieuse, ce qui entretient un marché fermé, peu régulé et avec des honoraires laissés à la libre appréciation des praticiens.
🏥 Une exception : les motifs médicaux
Lorsqu’un phimosis sévère ou des infections urinaires répétées justifient l’intervention, la circoncision peut être pratiquée à l’hôpital et prise en charge par l’Assurance Maladie. Mais cela ne concerne qu’un nombre limité de cas. Pour les autres, le parcours reste complexe, coûteux et parfois opaque.
💬 Une question de santé publique et d’égalité
Dans un pays attaché à l’égalité d’accès aux soins, la situation actuelle interroge. Pourquoi une intervention aussi fréquente, encadrée médicalement dans de nombreux pays, est-elle aussi inaccessible en France dès qu’elle sort du cadre strictement médical ? Pourquoi laisser se développer un marché privé, peu contrôlé, qui pénalise surtout les familles les plus modestes ?
Certaines voix plaident pour une prise en charge partielle ou forfaitaire, dans un souci de santé publique, de prévention et de respect des convictions des citoyens. D’autres proposent que l’État ou les collectivités locales facilitent l’accès à cette intervention dans un cadre médical sécurisé, sans distinction de motifs.
📌 En résumé :
- Coût moyen : 450 à 600 €, souvent non remboursé.
- Remboursement possible uniquement en cas de pathologie.
- Peu de structures médicales acceptent les demandes non médicales.
- Inégalités d’accès marquées selon les revenus et les origines.
- Débat éthique et sanitaire à relancer au niveau national.