Le député ciotiiste de l’Hérault, Charles Alloncle, est visé par une plainte déposée par la Maison des potes le 16 juin, auprès du pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris. En cause, des messages postés sur un compte Facebook dont il était un des administrateurs.
« Race de merde », « des animaux à abattre », « vive le RN » : c’est un tout petit florilège de messages relevés par une enquête du site d’information Les Jours (article abonnés). Entre le 1er et le 8 juin, près d’une centaine de commentaires racistes et d’appels à la haine et au meurtre ont été recensés dans le « groupe officiel Jordan Bardella » sur Facebook, dont certains membres et administrateurs font l’objet d’une plainte déposée le 16 juin par la Maison des potes auprès du PNLH du parquet de Paris.
Parmi les administrateurs identifiés et visés par une plainte pour « injures racistes et provocations à la violence raciste », figure le député de la 9e circonscription de l’Hérault, l’UDR Charles Alloncle.
Un groupe géré par le RN selon Les Jours
Le paroxysme est atteint après la victoire du PSG en Ligue des champions, le 31 mai. Un véritable déferlement contre les supporters à la peau un peu trop foncée :« des banboulas (sic) », « des crouilles », qu’il faut « enfermer dans des camps et les empêcher de sortir comme les animaux du zoo », sans compter un internaute qui préconise un « tir à vue et si pas suffisant, lance-flammes ». De nombreuses captures d’écrans ont été transmises au PNLH qui va devoir se prononcer sur les suites à donner à ces 115 plaintes au total.
Qui ne dit mot consent ?
La Maison des potes reproche à Charles Alloncle et à trois autres parlementaires, soit quatre des 36 administrateurs du groupe Facebook qui a changé de nom, de ne n’avoir pas censuré, ni même modéré ces messages.« Cette haine raciste, elle s’est exprimée sous le regard de tous les administrateurs qui sont responsables des publications », résume Samuel Thomas, le président de la Maison des potes.
« J’ignorais que j’étais membre de ce groupe », se justifie Charles Alloncle auprès de ICI Hérault. Pour preuve de sa bonne foi, il souligne qu’il n’existe aucune trace d’une quelconque activité de sa part, « pas un post, pas une publication, pas un like ». Le parlementaire rejette la responsabilité de son inscription sur ses collaborateurs qui gèrent ses réseaux sociaux. Quant aux messages incriminés, il les juge « ignobles » et « condamnables ».
Pas de modération ni même de censure et pas de signalement non plus
Mais Samuel Thomas n’en démord pas. « C’est comme le patron d’un journal, si l’un de ses journalistes écrit des choses qui contreviennent à la loi, c’est le patron du journal qui est poursuivi parce qu’il est le directeur de publication. Les administrateurs sont les directeurs de publication du groupe Facebook au sein duquel 84.000 membres s’expriment ».
Une autre députée héraultaise d’extrême droite, la RN Stéphanie Galzy, élue dans l’ouest du département, a été une des 16 députés « simples membres » de ce groupe Facebook avant de le quitter, selon Les Jours, sans avoir fait le moindre signalement, alors qu’en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale, elle est tenue de le faire.