Après avoir envoyé des messages à caractère raciste à leurs camarades, une dizaine d’étudiants en licence d’histoire à l’université Aix-Marseille ont été convoqués en conseil de discipline, d’après une enquête publiée par Mediapart, ce vendredi 13 juin.
Des messages qui laissent sans voix. Plusieurs étudiants en troisième année de licence d’histoire à l’université d’Aix-Marseille sont pointés du doigt dans une enquête publiée par Mediapart ce vendredi 13 juin. La raison ? Ils ont « déversé leur haine« dans la conversation WhatsApp officielle de leur promotion, à base de textes et photos à caractère raciste, précisent nos confrères. Les étudiants concernés ont été convoqués en conseil de discipline.
Plusieurs étudiantes et professeurs du cursus histoire de l’université, interrogés par le média d’investigation, pointent un « climat particulièrement rance« au sein de la promotion composée d’une centaine d’élèves et dont le campus est situé à Aix. « Depuis la première année de licence, je suis entourée de racistes« , explique par exemple une étudiante dont le prénom a été anonymisé par Mediapart.
« Les messages à caractère raciste tombent sous le coup de la loi »
L’élément déclencheur ? Un étudiant diffuse dans la conversation WhatsApp, nommée « L3« , un texte qu’il souhaite envoyer à la direction. Il y affirme notamment que « la faculté n’est qu’un reflet de la déchéance éducative nationale » ou encore qu’il existe des « intitulés de cours mensongers« .
Des étudiants racisés critiquent alors ce texte. « Sur leurs messages fleurissent, en réaction, des émojis de têtes d’hommes noirs, détaille l’article de nos confrères. Plusieurs autres jeunes hommes rejoignent l’échange et se fendent de références à l’extrême droite, (en) citant […] Marine Le Pen […] (et) Jean-Marie Le Pen« .
« Réagir avec des émojis de personnes noires en 2025, c’est pas drôle, c’est juste raciste« , tente d’expliquer une élève, le lendemain matin. Un étudiant propose alors « de se rassembler autour d’un événement ‘fédérateur’ en cette fin avril : l’anniversaire de la mort d’Adolf Hitler« . D’autres messages à caractère raciste sont envoyés avant qu’un modérateur décide de bloquer la conversation.
Toujours selon Mediapart, le vice-doyen et directeur adjoint chargé de la vie étudiante, Mohamed Ouerfelli, a envoyé un rappel à tous les étudiants : « Les messages à caractère raciste, antisémite et sexiste tombent sous le coup de la loi y compris sur les réseaux sociaux. »
Pour une étudiante, « ils se sont sentis légitimes, dans un climat hyper favorable pour eux » d’une « libération progressive de la parole d’extrême droite au sein de l’université« . « Ils ne se cachent pas. Avec la montée de l’extrême droite, les comportements racistes sont beaucoup plus acceptés qu’avant« , affirme une autre camarade.
