Des élus écologistes avaient demandé le déjumelage de Marseille avec Haïfa, en Israël, mais il n’en sera rien. En revanche, le maire Benoît Payan a annoncé le 10 juin que la cité phocéenne sera bientôt jumelée avec une ville de Palestine.
Ce n’était pas tout à fait l’annonce attendue. Mardi 10 juin, trois conseillers d’arrondissement écologistes ont demandé au maire de Marseille, Benoît Payan, de mettre fin au jumelage entre la cité phocéenne et Haïfa, en Israël. « Marseille ne peut pas être complice d’un État qui pratique l’apartheid sur son territoire », a notamment expliqué l’adjoint à la mairie des 6e et 8e arrondissement de Marseille, Alexandre Rupnik.
« Nous n’abandonnerons pas Haïfa »
La réponse de la mairie ne s’est pas fait attendre. En fin de journée, Benoît Payan et sa première adjointe Michèle Rubirola ont donné un point presse au sujet de ce jumelage décrié. La demande des élus écologistes a été rejetée. « Haïfa n’est pas une commune engagée dans la guerre », a soutenu Benoît Payan au micro d’Ici Provence. « C’est une commune travailliste, où il y a toutes les semaines des manifestations contre le gouvernement de Benyamin Nétanyahou et ses alliés d’extrême droite ».
« C’est une prise de position individuelle qui relève d’une posture idéologique et dogmatique », d’ajouter Michèle Rubirola. « Les villes et les populations ne sont pas responsables des États qui les gouvernent (…). Nous n’abandonnerons pas Haïfa », a-t-elle tranché.
La cité phocéenne est jumelée avec une quinzaine de villes à travers le monde. Le lien avec Haïfa remonte à 1958, c’est l’un des plus anciens.
Un nouveau jumelage avec une ville palestinienne
Autre annonce faite par l’édile, si Marseille restera bien liée à Haïfa, elle sera également bientôt sœur d’une ville en Palestine. Le nom n’a pas été dévoilé par Benoît Payan, mais une « discussion » est en cours avec deux communes. « Ce n’est pas de l’affichage, ce sont des services qui travaillent ensemble dans des objectifs communs », a assuré Michèle Rubirola.
La décision sera prise « dans les semaines qui viennent (…) pour un jumelage qui apporte quelque chose aux populations, sur le long terme ».
« C’est un premier pas, mais largement insuffisant », a de son côté réagi Alexandre Rupnik, sur le réseau social X.
100 000 euros pour les enfants de Gaza
Troisièmes annonce faite dans la foulée, la ville va apporter « pour la troisième fois une aide financière conséquente pour l’Unicef de 100 000 euros, pour les enfants de Gaza », a déclaré Benoît Payan.
L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1 219 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées, 54 restent retenues à Gaza, dont au moins 32 mortes, selon les autorités israéliennes. En Palestine, plus de 54 880 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées dans l’offensive israélienne de représailles à Gaza, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.