Un rapport sur le mouvement des Frères musulmans et son « entrisme » sera au coeur d’un conseil de défense présidé par Emmanuel Macron le 21 mai, a déclaré dimanche le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.
Invité lors du Grand Jury RTL/M6/Le Figaro/Public Sénat à confirmer la date de cette réunion pour évoquer ce rapport tenu pour l’instant secret, le ministre a répondu qu’« il y aura bien ce conseil de défense qui sera présidé par le chef de l’Etat ». « Il sera bien le 21 mai et pour moi c’est fondamental parce que cela signifie que cette question va être placée au coeur de l’Etat et de l’interministériel », a-t-il ajouté en évoquant « une menace pour la République ».
« La matrice politique de l’islamisme »
Ce rapport n’est pas publié « parce qu’il est classifié confidentiel défense » et renferme des informations « qui, si elles étaient connues, y compris de ceux qui sont dans ce rapport, pourraient les renseigner », mais une « version allégée » devrait être diffusée à une date encore à fixer, selon lui.
Ce rapport pourrait-il proposer l’interdiction des Frères musulmans ? « Non, parce que le problème des Frères musulmans, c’est qu’il y a peu de choses dans la confrérie secrète » mais « c’est l’entrisme », a rétorqué le ministre. « Les Frères musulmans ont inventé la matrice politique de l’islamisme, mais ils ont un discours très très lisse. Et, aujourd’hui, on n’arriverait pas à constituer des preuves pour une dissolution », a-t-il développé.
« En revanche, là où on p(…)
Le paradoxe dans la phrase « le rapport n’est pas publié parce qu’il est classifié confidentiel défense » réside dans la tension entre deux attentes contradictoires :
1. Le rôle attendu d’un rapport :
Un rapport, en particulier s’il est commandité par une institution publique ou un organisme d’intérêt général, a vocation à être publié pour informer, éclairer le débat public, ou rendre des comptes. Le terme même « rapport » suppose une transmission d’informations vers une autorité ou vers le public.
2. La classification « confidentiel défense » :
À l’inverse, une classification « confidentiel défense » signifie que l’accès à l’information est strictement restreint, car sa divulgation pourrait nuire à la sécurité nationale. Par définition, ce type de document ne peut pas être rendu public.
❝ Le paradoxe ❞
C’est donc un rapport qui ne rapporte rien au public, ce qui contredit l’objectif même d’un rapport, car sa classification empêche sa consultation.
C’est un peu comme écrire un journal intime pour le publier, puis décider qu’il est trop personnel pour être lu par qui que ce soit : l’intention première est annulée par la contrainte appliquée.