La Licra (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) d’Auvergne-Rhône-Alpes s’effrite …

Après les sphères religieuses et les cercles universitaires, la vie interne d’associations subit à son tour les tensions internationales. Et non des moindres. La Licra (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) d’Auvergne-Rhône-Alpes est secouée par les ondes de choc mondiales, notamment du conflit israélo-palestinien.

Selon les informations de Tribune de Lyon, plusieurs adhérents de la Licra régionale se sont alarmés des messages sur les réseaux sociaux d’un assistant de direction de l’association, évoquant son adhésion au mouvement anti-israélien BDS (boycott, désinvestissement, sanctions), relayant son adhésion à une association de soutien à la Palestine, ainsi que des appels politiques et des dessins jugés « tendancieux ».

Des messages « très problématiques » selon les adhérents se disant « choqués ». Ces révélations ont entraîné le renvoi de ce chargé de mission par les responsables de l’association.

Puis une autre polémique interne a éclaté en sourdine ces dernières semaines, cette fois à propos de deux jeunes chargées de mission qui auraient refusé de participer à des sessions de formation consacrées au plaidoyer contre l’antisémitisme, et à la préparation de la journée de commémoration de la Shoah.

Les incidents ont été signalés à la direction nationale de la Licra, avec l’appui de l’avocat d’Alain Jakubowicz, ancien président national de l’association centenaire. Avec, en substance, la crainte de voir la Licra prendre parti pour la Palestine contre Israël, non sans risques de potentiels dérapages. Et en contradiction avec les racines historiques de la Licra, qui avait précisément rajouté le racisme à l’antisémitisme dans son appellation, pour signer la prise en compte de toutes les formes de ségrégation.

La présidente de la Licra dédramatise

Présidente régionale de la Licra, Myriam Picot a expliqué avoir pris en compte la contradiction entre le poste du chargé de direction et ses expressions personnelles, après la révélation de ses messages. À propos des refus de jeunes chargées de mission, elle a dédramatisé, parlant de débats internes et nécessaires, entre différentes sensibilités et différentes générations, regrettant qu’ils soient transformés en motifs d’affrontements dans une période compliquée. « C’est le moment de tenir notre cap, de défendre l’universalisme sans faille de la Licra , de chercher ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise ou nous communautarise » a dit Myriam Picot.

Autorité morale, autant que son confrère Jakubowicz, l’ancienne bâtonnière pourrait être réélue à la présidence régionale de la Licra en mai prochain, mais il n’est pas impossible que l’élue métropolitaine s’en retire d’ici la fin de l’année, en raison de son engagement probable dans la bataille des prochaines élections municipales. Un collaborateur de la ville de Lyon se proposerait pour la remplacer, ce qui pourrait provoquer une nouvelle période d’instabilité.

TribunedeLyon