Un nouveau rapport rédigé par des sénateurs républicains relance l’offensive islamophobe autour de « lâentrisme islamiste ». à travers leurs 17 propositions, les sénateurs cherchent a doubler le gouvernement et misent sur la surenchère contre les musulmans.
Capture dâécran : Europe 1.
Quelques mois seulement après le rapport ministériel sur lâ« entrisme islamiste » qui faisait des musulmans le nouvel « ennemi intérieur », les institutions racistes de la Ve République ont pondu à nouveau un document du même acabit. Six longs mois de travail de la part de vingt-neuf sénateurs, pour aboutir à un nouveau torchon islamophobe de 107 pages. Le Figaro a publié, ce lundi, les axes centraux de ce document qui présage de nouvelles attaques islamophobes brutales.
La jeunesse est particulièrement ciblée par les élus LR. Parmis les mesures proposées, on compte par exemple lâinterdiction du port du voile pour les mineures de moins de 16. Cette mesure est régulièrement proposée par les Républicains, qui lâavaient déjà défendue à lâassemblée le 24 novembre à travers une proposition de loi de Laurent Wauquiez. Les élus préconisent également lâinterdiction du jeûne pour les moins de 16 ans.
La méthode des Républicains consiste à instrumentaliser la protection de lâenfance pour faire passer des propositions islamophobes. Une instrumentalisation dâautant plus hypocrite que les Républicains jouent en ce moment un rôle clef au Sénat pour passer le budget Lecornu qui sâattaque directement à lâhôpital et lâéducation et à toutes les structures du secteur public chargées de la protection de lâenfance.
Mais loin de se limiter à la jeunesse, les propositions touchent tous les aspects de la vie des musulmans. Dans leur rapport, les parents dâélèves ne sont en effet pas épargnés puisque les élus voudraient également interdire le port du voile pour les accompagnatrices scolaires. Les sénateurs appellent ainsi à contrôler chaque aspect de la vie des personnes musulmanes ou perçues comme telles. Leur proposition sur lâinterdiction du port du voile dans les pratiques sportives est un exemple de cette criminalisation quotidienne de lâislam en France.
Les sénateurs vont jusquâà proposer de systématiser « la procédure dâaudition des époux avant la transcription du mariage par les autorités consulaires françaises ». Traduction : toutes les personnes de confession musulmane devront subir un interrogatoire policier pour pouvoir se marier. Les droits démocratiques de musulmans ne sont pas épargnés. Un devoir de neutralité religieuse pour les élus religieux dans lâexercice de leur mandat ou le port de signes religieux ostentatoire pour les élus locaux font parti des recommandations faites pour lutter contre « lâentrisme islamiste » dans les institutions. Ces mesures islamophobes serviront surtout à criminaliser les personnes engagées dans la vie politique dans une offensive toujours plus large portée par lâextrême droite et le gouvernement Macron contre lâislam.
Cette rhétorique du complot musulman, désigné par le terme vague dâentrisme, nâest pas une invention des seuls Républicains. Rappelant lâimaginaire de lâantisémitisme, cette théorie aux relents conspirationnistes sâappuie sur le rapport publié il y a quelques mois par le ministère de lâIntérieur, alors occupé par Bruno Retailleau, qui revient au Sénat, désormais sous la tutelle de Laurent NÅ©nez.
Ce dernier nâa pas tardé à reprendre les offensives de son prédécesseur contre les musulmans. Lors dâune commission dâenquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des réseaux propageant lâidéologie islamiste, il a notamment appelé à la création dâun délit « dâatteinte à la cohésion nationale » qui permettrait de suspecter et dâouvrir un dossier sur nâimporte quelle personne musulmane ou assimilée comme telle, dans la droite ligne du « délit de communautarisme » que Gabriel Attal voulait mettre au cÅur dâune nouvelle loi séparatisme.
Comme lâa montré la loi séparatisme, les mesures islamophobes servent de laboratoire au durcissement autoritaire et finissent par servir à réprimer toute opposition au gouvernement, des collectifs militants aux associations en passant par les partis politiques et les syndicats. Alors que ce nouveau rapport pourrait justifier un nouveau saut et une nouvelle « loi séparatisme », il est urgent de faire front face à cette campagne xénophobe. Le mouvement ouvrier doit se jeter dans la bataille et réclamer lâabrogation de toutes les lois racistes â de la loi de 2004, mère de toutes les offensives islamophobes à lâécole, à la loi séparatisme â en articulant le combat contre lâoffensive autoritaire et raciste à la lutte contre les plans austéritaires et anti-ouvriers du gouvernement.
