Alors que lâUnion Européenne vient de ratifier sa complicité de génocide en refusant dâimposer des sanctions à Israël, lâAgence Média Palestine revient sur un accord conclu la semaine dernière entre lâUnion européenne et Israël, entend permettre lâacheminement dâaide humanitaire dans la bande de Gaza, sans aucune garantie ni calendrier : il nâest quâune nouvelle complicité du génocide perpétré par Israël à Gaza.
Par lâAgence Média Palestine, le 15 juillet 2025

Vendredi dernier était autorisée la première livraison de carburant à Gaza depuis 130 jours, alors que les services hospitaliers et sanitaires alertent depuis des semaines sur les risques mortels de la pénurie de carburant orchestrée par Israël.
Cette livraison, « une goutte dâeau » comparée aux besoins, est le résultat dâun accord de principe conclu avec lâUnion européenne (UE) annoncé la veille par la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. Cet accord, résultat de longs mois de négociation, doit permettre lâacheminement « à grande échelle » de lâaide humanitaire pour la population gazaouie, mais ne dispose pourtant dâaucune garantie, ni de quantité ou temporalité précise.
Lâaccord prévoit une « augmentation substantielle du nombre de camions transportant quotidiennement des produits alimentaires et non alimentaires entrant à Gaza », ainsi que lâouverture de « nouveaux points de passage » au nord et au sud de la bande de Gaza, selon un communiqué rendu public par Kaja Kallas.
Si certain-es ont perçu un signe positif dans la livraison de carburant autorisée vendredi, le porte-parole de lâONU Stéphane Dujarric a pour sa part rappelé que « la quantité acheminée hier ne suffit même pas à couvrir les besoins énergétiques dâune seule journée. Le carburant continue de sâépuiser et les services seront interrompus si des volumes beaucoup plus importants ne sont pas acheminés immédiatement. »
La responsable de lâaide humanitaire de lâUE, Hadja Lahbib, a déclaré aujourdâhui, alors que lâaccord a été annoncé depuis plus de cinq jours, quâIsraël ne le respectait toujours pas pleinement. « Nous avons constaté quelques évolutions positives. Il est vrai que certains camions peuvent entrer, mais nous ne savons pas exactement combien », a déclaré Mme Lahbib aux journalistes à Bruxelles avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de lâUE. « Ce qui est clair, câest que lâaccord nâest pas pleinement mis en Åuvre. »
Un nouvel accord, alors que le premier nâest toujours pas suspendu
Cet accord et la prétendue « avancée sur le terrain » quâil apporte éloigne surtout toute perspective de sanctions à lâencontre dâIsraël, au moins dans lâimmédiat. En effet, il intervient alors que les 27 Ãtats-membres se réunissent aujourdâhui à Bruxelles pour décider dâéventuelles sanctions imposées à Israël, et notamment de la suspension de lâaccord commercial qui lie lâunion européenne à Israël.
« Je suis sûr quâaucune (mesure) ne sera adoptée par les Ãtats membres », a assuré lundi à Bruxelles le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar, venu participer à lâinvitation de Kaja Kallas à une réunion avec des responsables de la région, égyptien, palestinien et syrien. Un diplomate européen a déclaré à BFM que cet accord sur lâextension de lâaide humanitaire représentait un « progrès important » et que ce nâest « pas le moment » de discuter dâune éventuelle suspension de lâaccord dâassociation.
Cet accord sur lâaide humanitaire, présenté comme lâaboutissement positif de discussions avec le ministre israélien des affaires étrangères, est donc en réalité lâéchec des états-membres à sâaccorder sur une condamnation réelle du génocide israélien. Plusieurs Ãtats membres, dont lâAllemagne, insistent sur le droit dâIsraël à se défendre, tandis que dâautres, comme lâEspagne, dénoncent un génocide à lâencontre des Palestiniens de Gaza.
Câest également oublier de dénoncer que la crise humanitaire que lâUE prétend résoudre a été orchestrée sciemment et stratégiquement par Israël. « La dépendance alimentaire et énergétique de Gaza a été lentement organisée par le pouvoir israélien », rappelait Stéphanie Latta Abdallah lors de lâimplémentation par Israël de la Gaza Humanitarian Foundation en mai dernier. Depuis, les centres de distribution de la GHF ont été le théâtre de 838 meurtres. Il nâest plus à démontrer que la famine et les structures humanitaires sont autant dâoutils du nettoyage ethnique opéré par Israël à Gaza.
Lâaccord sur lâacheminement de lâaide humanitaire à Gaza conclut par lâEurope, quand bien même il serait mis en place, nâest donc pas une réelle réponse à la crise puisquâil nâen identifie pas lâauteur. Ce nouvel accord est une ratification de la complicité européenne dans le génocide perpétré par Israël à Gaza.
LâUE complice
LâUE est le premier investisseur mondial en Israël, avec un volume près de deux fois supérieur à celui des Ãtats-Unis. Selon les dernières données du FMI sur les investissements étrangers, les Ãtats membres de lâUE détenaient 72,1 milliards dâeuros dâinvestissements étrangers en Israël en 2023, contre 39,2 milliards dâeuros pour les Ãtats-Unis.
Israël a lui-même investi 65,9 milliards dâeuros dans lâUE, soit sept fois plus quâaux Ãtats-Unis (8,8 milliards dâeuros). Cela fait de lâUE la principale destination des investissements israéliens.
En 2024, malgré le génocide perpétré par Israël contre les Palestiniens à Gaza et son occupation illégale des territoires palestiniens occupés, lâUE a augmenté ses exportations vers Israël de 1 milliard dâeuros, pour atteindre 25,5 milliards dâeuros en 2023 et 26,7 milliards dâeuros.
LâEurope pourrait donc frapper fort en suspendant son accord dâassociation avec Israël dans tous ses volets économiques, culturels ou politiques. Mais cela reste hautement improbable étant donné que ce type de décision nécessite lâunanimité des 27, et que des pays comme lâAllemagne et lâItalie y sont clairement opposés.
Câest cette complicité que dénoncent de nombreux-ses militant-es, qui appelaient à se rassembler aujourdâhui devant le conseil européen des Affaires étrangères de lâUnion européenne, au moment où se réunissaient les états-membres, pour exiger des sanctions contre Israël et la suspension immédiate de lâaccord dâassociation entre lâUE et lâÃtat dâIsraël.
« LâUnion européenne et ses Ãtats-membres ont les moyens de faire respecter le droit international et les droits humains et, en agissant, de se démarquer et de sâopposer aux crimes en cours et à venir ! »
Un nouvel accord qui rend l’UE complice du génocide d’Israël à Gaza