Aller au contenu à dessein de les neutraliser, le Ministère de l’Intérieur « retaillo-darmanesque » du Régime Républicain Français a commandé et téléguidé un rapport à charge contre les « Frères-Musulmans Salafistes » (?), les accusant dâentrisme antirépublicain. De prétendus « experts » ont concocté sur mesure un document bâclé et caricatural censé alerter contre le péril de lâislamisation insidieuse de la société française en exagérant lâamplitude de lâislamisme, en le dotant dâambitions politiques et en mélangeant stupidement les torchons avec les serviettes. Le fait, entre autres, dâamalgamer le frérisme avec le salafisme et lâentrisme socio-politique avec le séparatisme auraient dû discréditer les auteurs de telles inepties mais comme ceux qui les lisent sont plus incultes que ceux qui les ont rédigées…
Ayant malicieusement fuité dans la presse, le fruit de cette collaboration entre les Services de Renseignements, les fureteurs identitaires et autres baveux du sérail musulman officiellement accrédités pour leur animosité envers lâislamisme, a eu moins dâeffet quâun pétard mouillé ou quâun pet dans une baignoire. Pour avaliser leurs aprioris sur lâinfluence des fantomatiques Frères Musulmans dans toutes les couches de la société, les habituels fouilles-merde (journalistes, chercheurs et autres agents officiels et officieux du renseignement islamophobe) ont concédé avoir fait de lâentrisme chez les entristes. Résultat : Rien nâest formellement démontré, au contraire. En dehors de quelques initiatives isolées dans les terrains sociaux, culturels, scolaires ou sportifs, il nây a dans lâHexagone aucun réseau musulman structuré et concerté.
Par intérêt ou par crainte, les tenants ou les organisations qui sâen réclamaient jadis se hâtent maintenant de renier leurs accointances avec la mouvance des Frères musulmans. Un par un, les faux-frères musulmans désavouent fissa toute velléité islamiste et rallient discrètement le réseau républicain des traitres séparatistes envers lâIslam militant. Ayant côtoyé durablement les « Frérots » il y a quarante ans au sein de la Fédération Nationale des Musulmans de France, jây ai déploré leur comportement sectaire et méprisant envers ceux qui n’adhéraient pas à leurs idées. Leur fraternité était superficielle, sélective et opportuniste avec ceux qui ne leur étaient pas affiliés et sâestompait illico en cas de désaccord. Leur objectif prioritaire étant de prendre le leadership dâune Communauté Musulmane quâils estimaient léthargique, ils ont pratiqué l’entrisme dans tous les rassemblements de Musulmans (FNMF, CORIF, CFCM, etc.) et y contribuaient sobrement dans le seul but dâen tirer honorabilité et profit ou pour en prendre les rênes. Leurs congrès à but très lucratif nâambitionnaient que la promotion et le financement exclusif de leurs activités ou projets et très peu l’intérêt général.
Adhérer inconditionnellement à certains mouvements estampillés islamiques est relativement hasardeux compte tenu des outrances qui leur sont attribuées, à tort ou à raison. Ãa vaut pour le parti des Frères musulmans fondé en Egypte il y a un siècle en réaction à la colonisation britannique et également pour ses ersatz contemporains. La charte originelle officielle (texte ci-après[1]) prône une pratique assidue de lâIslam et repose sur l’entraide fraternelle. La plupart des recommandations qui y figurent restent dâactualité, inspirées du Saint Coran et de la Pratique Prophétique (Sunna), et ne peuvent quâêtre approuvées par tous les Musulmans (quâils soient islamistes ou du commun), même sâils ne les mettent pas toutes en application. Nonobstant, le projet dâinstauration d’un véritable Ãtat Islamique, conforme à la philanthropie et au désintéressement du Saint Prophète, ص reste à ce jour pour le moins utopique. A travers les siècles, toutes les tentatives ont donné lieu à des parodies de gouvernance religieuse, caractérisées par un rigorisme excessif et de lâintolérance à gogo.
En France, la plupart des Musulmans dits « ordinaires » sont paisibles et généralement considérés comme tels. Leur visibilité et leurs agissements, y compris embryonnaires sur le plan politique, nâont rien dâillégal mais ont le don dâexaspérer et de déclencher la haine voire l’agressivité de ceux à qui ils font indirectement une concurrence culturelle et cultuelle. La mouvance frériste est évaluée à 7% des Musulmans de France qui sont estimés (le mot est amusant ici) à 4% dans la population française. Pourquoi les Musulmans inspirent-ils de la crainte alors quâils sont totalement incapables de s’organiser, de s’entendre sur la gestion de leurs associations et mosquées et même sur les heures de prière ou les dates des fêtes, et redoutent comme la peste (ou la Covid19) de compromettre leur situation personnelle et leur confort matériel ? Lâinfluence et la menace supposées sur la République sont insignifiantes et ce ne sont pas les quelques dizaines de gesticulateurs coraniques ou les quelques milliers de jeunes dévoyés d’origine musulmane qui mettent la République en péril mais ceux qui, par leurs suppositions fantasmagoriques et leurs rapports arbitraires (jâai failli dire illicites, lolâ¦), incitent aux incivilités et aux agressions islamophobes et finiront par provoquer leur guerre civile.
[1] Le Code général des Frères musulmans :
1e partie : Nom et établissement de la confrérie 1- Au mois de fondation (1347 de lâhégire, 1928 de lâère chrétienne) sâest rassemblée la confrérie des Frères musulmans. Son établissement principal est la ville du Caire. Il est possible de déplacer la direction dans des circonstances exceptionnelles par décision du Conseil consultatif [Majlis al-shûrâ], si le Bureau de direction le justifie.
2e partie : Objectifs et moyens
1– Les Frères musulmans sont une organisation islamique de rassemblement. Elle Åuvre pour lâédification de la religion de Dieu sur la terre et pour la réalisation des buts en vue desquels est venu lâislam :
a- véhiculer la prédication [daâwa] de lâislam aux gens en général et aux musulmans en particulier, la leur expliquer avec précision, lâexpliciter, leur énoncer dans son essence et dans sa globalité et la prémunir des futilités et des apparences ; b- rassembler les cÅurs et les âmes selon les principes de lâislam, renouveler sa noble empreinte en eux, rapprocher les points de vue entre les différentes écoles islamiques ; c- Åuvrer à lâélévation du niveau de vie des individus, développer les richesses de la Nation [Umma] et sa protection ; d- réaliser la justice sociale et la sécurité sociétale pour tout citoyen, lutter contre lâignorance, la maladie, la pauvreté et le vice, renforcer les actes de générosité et de bonté ; e- libérer la patrie musulmane -toutes ses parties- de tous les pouvoirs non islamiques et aider les minorités musulmanes en tout lieu, Åuvrer en vue du rassemblement des musulmans jusquâà ce quâils deviennent une Nation [Umma] unie ; f- édifier lâEtat islamique qui exécute effectivement les préceptes de lâislam et ses enseignements, qui les préserve à lâintérieur et qui se charge de leur promotion et de leur transmission à lâextérieur ; g- promouvoir lâaide internationale et promouvoir lâamitié à lâombre de la sharîâa islamique qui protège les libertés et préserve les droits, participer à la construction de la civilisation humaine sur une nouvelle base de coopération entre la foi et la matière, comme le garantissent les codes intégraux de lâislam.
2- Les Frères musulmans, pour réaliser ces objectifs, sâappuient sur les moyens suivants : a- La prédication par différents moyens de publication et de communication : épîtres, bulletins, journaux, revues, livres, éditions ; mise sur pied de délégations et de missions à lâintérieur et à lâextérieur. b- Lâéducation afin que les membres de la confrérie suivent ces principes et reflètent le sens religieux en paroles et en actes, dans leur for intérieur et dans leur maison. Leur éducation doit être saine et le dogme en accord avec le Livre [le Coran] et la Sunna. Elle doit être rationnelle par le savoir, spirituelle par la piété, bonne par la moralité, physique par le sport. Elle renforce le sens de la fraternité amicale, la globalité de lâaction, et lâentraide véritable entre eux. Et ce jusquâà ce quâune vision islamique unifiée soit effective et quâapparaisse une génération nouvelle comprenant lâislam dâune manière juste, appliquant ses préceptes et, par elle, oriente sa renaissance- Lâorientation : réaliser la formation saine dans toutes les affaires de la société en matière éducative, scientifique, législative, juridique, administrative, militaire, économique, en matière de santé et dâautorité ; le progrès doit se faire via les éléments compétents et son achèvement [doit être réalisé] dans les institutions politiques, législatives et exécutives et internationales afin de sortir du cercle des opinions pour aller vers celui de lâexécution effective ; Åuvrer avec sérieux pour épurer les mass médias comportant nombre de périls, de péchés et, en tout cela, sâinspirer de la direction islamique. d- Lâaction : mettre sur pied des institutions éducatives, sociales, économiques, scientifiques ; fonder des mosquées, des écoles, des dispensaires, des hospices, des cercles ; rassembler les comités pour lâorganisation de la contribution religieuse [zakât], de la solidarité, des actions de bienfaisance ; réconcilier les individus et les familles ; résister aux maux sociaux, aux mÅurs nuisibles, aux stupéfiants, aux boissons alcoolisées, aux maisons de jeu ; conduire les jeunes sur une voie qui les élève ; travailler le temps nécessaire pour être utile, venir en aide, soutenir tout ce qui peut faire émerger des secteurs indépendants conformément aux inspirations spécifiques. e- La régénération de la Nation [Umma] : préparation jihadiste pour constituer un front unique face aux envahisseurs et aux dominants [qui sont] parmi les ennemis de Dieu et pour aplanir [le terrain] en vue dâélever lâEtat islamique bien guidé.
Source : Extrait du mémorandum du 30 décembre 2009 reprenant les termes des documents du 10 mai 1978, du 29 juillet 1982 et du 28 mars 1994 (traduction Dominique Avon).
Daniel-Youssof Leclercq