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Guingamp : Un commerçant visé par des tags islamophobes Des tags à connotation raciste ont été
inscrits sur la vitrine d'un commerçant à Guingamp.
D'origine marocaine, Ahmed Eldiba s'est senti visé mais d'autres
inscriptions ont été relevées ailleurs.
"Qu'est-ce que
vous voulez que je vous dise...». D'un air dépité,
Ahmed Eldiba regarde les trois volets de sa vitrine entachés
d'un cercle contenant une croix. Des croix gammées ou des croix
celtiques stylisées? «Rien ne permet d'assurer qu'il
s'agit de tags racistes», minore la gendarmerie. Sauf que le
kebab «Les délices d'Orient», dans le quartier
Saint-Michel, à Guingamp, est le seul à en avoir fait les
frais, dans la nuit de vendredi à samedi, et qu'un mur adjacent
porte l'inscription «Zone anti-racailles»,
réalisée la même nuit. D'origine marocaine, Ahmed
Eldiba vit en France depuis40 ans. «Mon père a combattu
pour la France», précise le commerçant, «fier
d'être français», parfaitement intégré
dans le quartier.
Solidarité des voisins
«Les voisins sont venus me voir les uns après les autres,
parfois en famille», raconte-t-il, touché par ces marques
de sympathie. «Depuis que j'ai ouvert, en juillet2006, je n'ai
jamais eu de problèmes, je n'ai jamais reçu de
menaces». Lui aussi déplore quelques incivilités
dans le quartier, comme des rétroviseurs cassés, mais
rien de plus. Il constate cependant que «l'écriture est
bien nette, pas celle de quelqu'un d'alcoolisé».
«Des gens pas intelligents, qui font ça en cachette, mais
conscients.» À noter qu'une autre plainte a
été relevée par les services de gendarmerie ce
week-end. Là, dans une enceinte privée, il est inscrit
«Zone identitaire», à la bombe. Sur la route de
Tréglamus, au niveau de l'échangeur RN12 de Kernilien,
quatre grandes inscriptions «Pas d'Islam chez nous»
s'affichent, de chaque côté des piliers du pont. Dans ce
cas, la connotation raciste des tags ne laisse pas de doute.
L'UDB dénonce des «pulsions racistes»
Dans un communiqué, L'Union démocratique bretonne les
condamne et note que «la ville de Guingamp était
très récemment recouverte d'autocollants du mouvement
d'extrême droite installé dernièrement à
Guerlesquin (29), Jeune Bretagne». Et de préciser, se
référant «à l'actuel débat sur
l'identité nationale», «il semble libérer
chez certains des pulsions racistes que nous
dénonçons».
La réaction du maire
Annie Le
Houérou, maire de Guingamp, est allée voir aujourd'hui
le commerçant dont la vitrine a été victime
de tags racistes, le week-end dernier, dans le quartier Saint-Michel.
«
J'ai voulu lui apporter le soutien de la population guingampaise
», a-t-elle déclaré, précisant que «
même s'il s'agit d'un acte isolé, c'est
intolérable. On ne peut minimiser ce type d'inscriptions et de
comportement. Même en période de crise, ils ont des
relents nauséabonds
». Article du /
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